Infobésité: 3 techniques pour gérer la surcharge informationnelle

Infobésité

Souffrez-vous d'infobésité? 

Ce terme utilisé pour désigner l'obésité de l'information, la surcharge informationnelle, la surinformation et parfois le technostress.

Parce que l'information n'est pas autant tangible qu'une brique, une voiture ou une plaie qui gratte, elle passe souvent inaperçue dans les causes possibles d'un mal-être émotionnel, physique et intellectuel...

Dans la suite de cet article, vous découvrirez si vous souffrez d'infobésité... puis je partage avec vous des méthodes pour réduire les effets néfastes de la surinformation.

Vous souffrez d'infobésité si...

  • Vous avez cette sensation d'être constamment surchargé...
  • Vous avez le "cerveau en feu" ou un "brouillard mental"...
  • Cela occasionne des trous de mémoire (surtout dans les moments importants) de votre quotidien...
  • Vous vous souvenez d'avoir eu une bonne idée, mais vous n'arrivez pas à remettre le doigt sur cette idée...
  • Vous avez de l'information dispersée dans plusieurs applications, calepins, et vous ne savez pas si celle-ci est à jour, à double... ou obsolète.

Quelles sont les causes de la surinformation?

Avant de partager avec vous les 3 techniques que j'utilise pour éviter l'infobésité, passons en revue les 5 causes fréquentes de la surcharge informationnelle.

1. Le développement et l'accessibilité des technologies de communication et d'informations (TIC)

Selon Wikipédia, les Technologies de l'information et de la communication est une expression qui désigne le domaine de la télématique, c'est-à-dire les techniques de l'informatique, de l'audiovisuel, des multimédias, d'Internet et des télécommunications qui permettent aux utilisateurs de communiquer, d'accéder aux sources d'information, de stocker, de manipuler, de produire et de transmettre l'information sous différentes formes.

Selon Caroline Sauvajol-Rialland, 

Il a fallu 38 ans à la radio pour atteindre 50 millions d'utilisateurs, 13 ans pour la télévision, 4 ans pour internet et 3 ans pour les réseaux sociaux.

Le monde numérique est 44 fois plus grand en 2020 qu'en 2009.

Les TIC font partie du problème et de la solution à la surcharge d'information. C'est paradoxale. La différence? La capacité de l'humain à s'approprier et gérer ses outils numériques.

En 2011, 97% des entreprises occidentales étaient équipées d'un ordinateur et d'une connexion internet. 

Vous pouvez voir un aperçu des ventes de smartphone dans le monde entre 2010 et 2018.

Infobésité

Sans tomber dans les détails et pour simplifier, plus de gens peuvent créer et consulter de l'information via les smartphones, tablettes, ordinateurs, etc.

Dans les entreprises, les outils numériques (qui représentent des moyens de communications) participent à "L'effet millefeuille".

Par exemple, l'application Slack ne remplace pas l'e-mail. Et l'e-mail ne remplace ni le papier et encore moins les réunions (les communications écrites sont source d'ambiguïté, d'incompréhension et de conflits, qui nécessitent souvent le face à face pour trouver une solution).

2. Notre addiction à la dopamine...

La dopamine est une molécule biochimique qui renforce les comportements bénéfiques ou plaisants sur le court terme. Mais ce qui est bon sur le court terme peut à la longue être néfaste (comme manger une pizza tous les jours).

Dans un monde inconnu, obtenir une nouvelle information permettait de réduire l'incertitude et d'augmenter nos chances de réussir (survivre).

Notre cerveau nous récompense quand on consulte une nouvelle information.

C'est ce qui rend Facebook ou Gmail si addictif: on ne sait pas ce que l'on va trouver, on ne sait pas si cela sera bien ou mal.

Ce petit effet prend le nom de récompense variable intermittente (c'est le même principe qu'au casino: chaque fois que vous actionnez le levier de la machine à sous, vous ne savez pas si vous allez gagner et ce que vous allez gagner).

Ce fonctionnement est similaire avec l'information.

3. Le syndrome du copier / coller...

le syndrome du copier / coller

Avec les outils technologiques à disposition, il est facile de copier / coller.

De "clipper" un article, deux articles, trois articles dans Evernote. Mais rapidement on n'a pas assez de bande passante dans le cerveau pour traiter cette information.

Le problème n'est plus d'avoir accès à l'information mais de réussir à trouver la bonne information.

Et désormais vous pouvez même copier / coller de l'information provenant d'un document papier... donc le problème de l'infobésité ne risque pas de disparaître comme par magie.

Google lens

4. La messagerie / les e-mails...

Les e-mails sont une source importante d'infobésité.
En général votre boîte e-mail est la to-do liste de vos correspondants.

Je vous recommande de traiter votre boite e-mail et d'éviter d'avoir de l'information stockée en masse dans votre boîte de réception.

Un e-mail peut être:

  • Archivé
  • Supprimé
  • Utilisé au sein d'un projet, d'une tâche isolée (agenda) ou comme référence future.

Si vous voulez en savoir plus, j'ai créé un programme qui aborde le sujet des e-mails.

5. Le développement de l'internet 3g, 4g et désormais la 5g.

On n’en parle pas souvent, mais avec la 3G, consultez de l'information sur internet équivalait à boire de l'eau à une borne hydrante.

  • Avec la 4G, c'était comme boire de l'eau à la sortie d'un barrage...
  • Avec la 5G, je ne sais plus quelle analogie utiliser.

Mais vous voyez l'idée.

Auparavant, la quantité d'information que l'on pouvait consulter au fil des heures était limitée par le débit de notre fournisseur télécom. Aujourd'hui, le débit est toujours là, mais il est beaucoup plus puissant.

Devez-vous lutter contre ce mal?

Si vous lisez mes mots, vous êtes probablement conscient des effets de l'information sur votre bien-être.

Souvent, la différence entre le bien et le mal est une question de quantité et qualité.

  • Si vous mangez une pizza par semaine, c'est OK. Si vous mangez une pizza par jour, cela risque de vous poser des problèmes.
  • Si vous buvez 2 litres d'eau par jour, c'est bien. C'est même recommandé. Si vous buvez 8 litres, vous pouvez mourir.

Et avec l'information, c'est pareil: je recommande de continuellement apprendre, exposer vos idées et transmettre. Surtout lorsqu'on est un travailleur du savoir.

Mais trop d'informations tuent l'information.

courbe de l'infobésité

Maintenant si vous souhaitez retrouver votre clarté mentale, avoir l'esprit serein et ne pas être constamment bombardé de choses à faire, de personnes à appeler, d'e-mails à envoyer (et à répondre), alors je vais partager avec vous...

Les 3 techniques qui m'ont permis de réduire les effet néfaste de l'infobésité.

Parce que les outils numériques contribuent (ou créent) l'infobésité on s'attend d'eux qu'ils la solutionne... mais la solution est humaine.

# 1. Capturer continuellement les boucles ouvertes dans un deuxième cerveau

Votre cerveau fonctionne comme un ordinateur. Je vulgarise, c'est certain, mais c'est pour vous donner une image facile à comprendre.

Chaque nouvelle information équivaut à un logiciel que vous ouvrez dans votre ordinateur. Toutes ces informations vont faire ralentir votre cerveau.

Si vous ouvrez plusieurs logiciels en même temps sur votre ordinateur, les ressources disponibles diminuent.

En continuant à ouvrir de nouveaux onglets, de nouveaux logiciels, vous aurez petit à petit un décalage entre votre curseur et les actions déclenchées.

En simple, votre ordinateur RAME.

Votre cerveau fonctionne de la même manière. Si vous tentez de garder des informations à l'esprit, sans les capturer dans un support externe fiable, alors votre cerveau continuera à vous bombarder d'information pour être sûr que vous ne les oubliez pas.

C'est OK quand on a une tâche à faire... mais quand on des rendez-vous à gérer, des tâches à réaliser, des emails à envoyer, des projets à faire avancer... c'est rapidement le bordel.

Croyez-moi: vous ne voulez pas tomber dans la surcharge informationnelle.

La psychologue Russe Bluma Zeigarnik a popularisé cet effet (l'effet Zeigarnik) en observant des garçons de café. Ceux-ci étaient capables de mémoriser les commandes en cours... mais une fois celles-ci effectuées, ils étaient incapables de dire ce qu'ils venaient de servir.

Ainsi, une information qui n'est pas stockée sur un support fiable va encombrer votre esprit parce que votre cerveau tourne en boucle.

La solution?

Dès que vous avez une idée, une tâche à faire, une pensée intéressante, capturez rapidement celle-ci sur un support fiable.

J'utilise Workflowy, mais vous pouvez utiliser dynalist, Evernote, Notion ou un calepin papier. Vous pouvez également utiliser un dictaphone si vous faites du sport. J'utilise celui-ci.

La technologie est meilleure que votre cerveau à se souvenir d'information précise. Mais votre cerveau est bien plus efficace pour créer des connexions, des raccourcis, des analogies et j'en passe. Pour que celui-ci soit performant, il doit avoir la possibilité de penser librement.

Premier conseil pour gérer l'infobésité:

Capturez toutes vos idées, pensées, choses à faire, dans le minimum de supports possibles.

# 2. Demandez-vous à quoi vous servira cette information?

Une information peut avoir beaucoup d'information pour celui qui sait percevoir la valeur d'une information. Mais on peut vite se perdre, surtout si le site est intéressant.

C'est ce que rencontrais Alyce quand elle a découvert mon site.

surcharge informationnelle

Si vous êtes toujours en train de lire mes mots, vous estimez que ceux-ci valent le temps que vous passez à les lire. Parce que vous avez un problème à résoudre.

Savoir en 2011 que le bitcoin allait valoir 50'000 € en 2021... est une information qui permet de prendre certaines décisions. Le défi est de trier l'information, car aujourd'hui, ce n'est pas ce qui manque.

Voici deux manières de vous diriger dans l'excès d'information:

2.1. Vous avez un problème à résoudre

Par exemple, vous souhaitez résoudre votre infobésité. Donc vous cherchez activement sur Google une solution. Ou vous allez sur Amazon. Ou dans une libraire. Ou vous cherchez des informations sur des sites de qualité.

Vous mettez en pratique l'information, vous regardez si le problème est résolu... et vous passez au problème suivant (la vie est une succession de problème, le truc est de trouver les problèmes que l'on aime résoudre).

Rétroaction

2.2. Vous avez un intérêt / une curiosité qui vous attire dans cette direction

Vous ne savez pas vraiment pourquoi, mais travailler sur certains sujets se fait sans effort. Par exemple, vous êtes naturellement incliné à travailler sur la plantation des palmiers dans les pays tempérés.

Dans ce cas, vous allez sélectionner des informations qui vont vous aider à explorer.

  • La première sélection est destinée à résoudre un problème (ou atteindre un état désiré)
  • La deuxième sélection est liée à votre désir créatif. Votre envie d'explorer le monde et d'apprendre sans objectif.

Quelle est l'information que j'ignore?

J'évite toutes les sources d'informations qui viennent à moi sans mon accord.

Ainsi je réduis la quantité d'information que je dois capturer.

Là encore, l'analogie de l'alimentation fonctionne bien.

En fonction de votre objectif plus ou moins conscient (rester en forme, avoir de l'énergie, ne pas prendre du poids), vous allez sélectionner la bonne alimentation (objectif).

Et parfois vous irez au restaurant et vous testerez de nouvelles choses (curiosité).

Deuxième conseil pour gérer la surinformation:

Sélectionnez consciencieusement vos sources d'informations afin d'avoir plus de qualité et moins de quantité. Cela signifie souvent une chose: réduire l'information qui peut avoir accès à votre attention.

# 3. Traitez vos informations

L'information pour avoir de la valeur doit être travaillée.
Et cela à un coût. 

L'exemple du bitcoin est parlant: vous savez que le bitcoin va prendre de la valeur, il faut encore créer un compte et acheter vos bitcoins. Des actions doivent être prises pour transformer de l'information en action ou en connaissances.

Pour traiter vos informations, je vous recommande quotidiennement les exercices suivants:

3.1. Le matin, videz votre esprit en ne faisant rien durant 10 minutes. 

Rien d'autre que de capturer les choses à faire qui parasite votre esprit au fil des heures.

3.2. Au fil des heures, vous capturez l'information

Dans les boites de réception que vous avez sélectionné au premier point. Quand vous travaillez, vous serez dérangé par une information qui peut parfois être de très bonne qualité.

Capturez l'information et continuez à travailler. Vous reviendrez plus tard sur cette information... 

3.3. Le soir avant de vous déconnecter, vous traitez vos informations de la journée.

Prenez un moment pour traiter les informations que vous avez capturées au fil des heures. Cette information pourra rejoindre un projet, par exemple sous forme de tâche à réaliser. Ou une liste de choses à faire un jour.

Si le sujet vous intéresse, je vous explique comment traiter l'information ici.

Troisième conseil pour gérer l'excès d'information:

Le matin et au fil des heures, capturez les informations qui flottent dans votre esprit. 
Le soir, traitez les informations afin d'en extraire de la valeur.

Prêt à gérer l'excès de l'information?

"Les gens collectionnent les remèdes, mais ne les avalent pas" - Stafford Beer.

Quand vous rencontrez un problème, il est facile de se dire "OK, je vais continuer ma recherche d'information". Et finalement, chercher à comprendre parfaitement un problème est souvent la forme la plus subtile de résistance.

Vous avez bonne conscience, mais votre problème ne se résout pas.

Comment faire?

Si vous souhaitez continuer à chercher de l'information sur l'infobésité, inscrivez une date dans votre agenda à votre recherche. Une fois cette date atteinte, agissez en gardant mon moto à l'esprit: d'abord faire fonctionner, puis améliorer.

Julien

Sources


  • Infobésité - Caroline Sauvajol-Rialland
  • La théorie du millefeuille et l'usage des tic dans les entreprises - Michel Kalika, Nabila Boukef Charki, Henri Isaac
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