Approche systémique: un paradoxe pour résoudre vos problèmes (persistants)

Pour vous montrer comment l'approche systémique va vous aider au quotidien (pour résoudre vos problèmes ou prendre de meilleures décisions)... je vais commencer par une histoire personnelle que je ne souhaite à personne. 

Même pas mon pire ennemi.

En janvier 2016, j'ai été touché par l'insomnie chronique

Approche systémique pour résoudre problème

Quand on sait ce que le manque de sommeil provoque sur l'organisme (en termes de productivité, de santé, de bien-être, de stabilité émotionnelle), ce problème m'a rapidement préoccupé.

Résoudre ce problème est devenu ma priorité N°1.

Et durant des mois, malgré tout ce que j'entreprenais pour retrouver mon sommeil, la situation empirait.

Les nuits blanches du dimanche soir se sont rapidement propagées aux jours de la semaine... jusqu'à me hanter durant le week-end.

Et peut-être que vous connaissez cette situation: vous rencontrez un problème... et plus vous vous débattez, plus vous agissez et plus le problème se persiste (ou se développe).

Comme des sables mouvants. Plus on bouge, plus on s'enfonce.
Quelle galère!

Si cette situation vous est familière, restez avec moi car vous découvrirez dans les lignes qui suivent l'approche systémique.

Un champ d'étude qui vous permet de résoudre des problèmes en agissant parfois de manière paradoxale.

Des exercices et des situations que j'ai vécues vous permettront au fil de la lecture d'améliorer votre capacité à réfléchir de manière systémique.

Prenez un café (ou un club mate) et c'est parti.


Vouloir tout comprendre est une arnaque

À l'école, pour résoudre un problème, vous devez trouver la cause du problème, résoudre (ou supprimer) la cause du problème, en espérant que la situation retourne à la normale.

Cette manière de faire logique est toujours utile en premier lieu et dans des situations simples.

Par exemple, si vous conduisez et que de la fumée s'échappe de votre capot, vous vous arrêtez. Vous ouvrez le capot et vous tentez d'analyser la situation. Une fois le problème résolu, le moteur redémarre, la fumée a disparu et vous pouvez à nouveau rouler.

Mais une voiture est un système simple.

Alors que vous êtes un système complexe.

Système complexe

Si vous ne dormez plus, une multitude de causes peuvent provoquer ce problème.

  • Est-ce votre alimentation?
  • Votre nouveau job?
  • Votre couple qui dysfonctionne?
  • Les factures à payer?

Difficile à dire. 

Maintenant, prenez des problèmes qui concernent plusieurs systèmes complexes simultanés, comme des problèmes de mobbing au travail, du harcèlement sexuel, des manipulateurs ou simplement... une crise des gilets jaunes, et vous constaterez qu'il devient très compliqué d'analyser une situation selon la méthode académique "cause = effet".

C'est là que l'approche systémique arrive.

Définition de l'approche systémique

L'approche systémique est un champ d'étude qui vise à comprendre une situation dans son ensemble, en évitant d'analyser les raisons passées qui poussent le système à agir de la sorte et en se basant sur les relations des différentes parties de ce système.

Ça, c'était ma définition que j'ai sortie de tête.

Un tour sur Wikipédia:

L’approche systémique parfois nommée analyse systémique est un champ interdisciplinaire relatif à l'étude d'objets dans leur complexité.

Pour tenter d'appréhender cet objet d'étude dans son environnement, dans son fonctionnement, dans ses mécanismes, dans ce qui n'apparait pas en faisant la somme de ses parties, cette démarche vise par exemple à identifier :

  • la « finalité » du système (téléologie),
  • les niveaux d'organisation,
  • les états stables possibles,
  • les échanges entre les parties,
  • les facteurs d'équilibre et de déséquilibre
  • les boucles logiques et leur dynamique, etc.

Mais cela ne vous avance guère. C'est même du charabia.
Non?

Je vais donc donner un exemple (vécu) quand lequel l'approche systémique m'a aidé... 

Un exemple qui s'est déroulé en entreprise

Janvier 2016, Fabrice, un collègue, ne me transmet pas les rapports dont j'ai besoin pour avancer sur mon dossier. Cela me met en situation difficile face à mon CEO (surtout que je suis au début de mon contrat, 3 mois d'essai).

Il est tentant de me dire "Pourquoi Fabrice agit ainsi?"

Mais pour tout vous dire, cela ne sert à rien dans la résolution de mon problème.

Si j'ai moi-même de la difficulté à comprendre les raisons qui me poussent à agir d'une certaine manière... il est prétentieux de pouvoir comprendre pourquoi les autres agissent d'une certaine manière. C'est prétentieux et surtout inutile.

Ce premier pli mental implémenté à l'école est l'un des plus difficiles à supprimer.
Mais souvenez-vous: il faut être deux pour faire du tango.

Ainsi, Fabrice se comporte d'une certaine manière en réaction à mes comportements.

Lucy Gill en parle très bien dans son (excellent) ouvrage: Réussir à travailler avec presque tout le monde.

Mes comportements ont une influence sur les comportements des autres. Et la manière la plus efficace de changer les comportements d'une personne est de changer mes propres pas. 

Comme un danseur de tango. 

Et pour changer mes pas de danse, je n'ai pas besoin de savoir pourquoi mon partenaire (de danse) se déplace d'une telle ou telle manière.

Ah oui Fabrice.
Revenons à Fabrice.

Après lui avoir demandé de m'envoyer les différents rapports...

...après avoir mis mon CEO en copie,
...après l'avoir appelé,

J'ai remarqué que rien ne changeait. Car je ne faisais rien d'autres que de continuer à danser comme je l'avais toujours fait, en lui demandant d'agir différemment.

Maintenant, si je prends de la distance par rapport à ces tentatives de solutions, je peux réaliser une chose: elles vont toutes dans la même direction: Je veux recevoir les documents de Fabrice.

Mais cela ne fonctionne pas...

Ainsi en repensant au cours de l'approche systémique que j'ai suivi à l'institut Gregory bateson... 

Je me souviens que pour changer un système dysfonctionnel, je dois changer de comportement.

Et je dois y aller franchement! En partant à 180°.

Dans ma situation, cela signifie qu'il faut que j'indique à Fabrice que je n'ai plus besoin des documents... mais il faut que je le fasse d'une manière crédible.

Je dois effectuer ainsi un recadrage qui (dans mon cas) a pris la forme suivante:

Après une séance, je vais voir Fabrice et je lui dis "Fabrice, j'ai beaucoup de travail en ce moment, et je préfère que tu gardes les rapports que je t'ai demandé, car cela me permet de justifier mon retard auprès de mon boss".

Vous imaginez le déroulement de la situation. Le jour d'après j'avais tous mes documents avec le CEO en copie (évidemment).

Vous trouvez le dénouement de mon histoire un peu étrange et c'est normal. Car il vous manque un élément important du puzzle: le fonctionnement d'un système.

Pour comprendre la démarche systémique, il faut comprendre ce qu'est un système 

Un système est un ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisé en fonction d'un but. - Joël de Rosnay (auteur du livre "Le macroscope").

Vous êtes un système composé de différents systèmes: votre système nerveux, sanguin, digestif, capillaire, etc.

Vous évoluez dans un système:

  • la relation que vous formez avec votre conjoint,
  • votre famille,
  • votre maison,
  • votre entreprise,
  • votre ville,
  • votre pays
  • et nous évoluons tous sur le système terre,
  • qui évolue lui-même dans le système univers.

Chaque système est soumis à trois principes.

Le principe de l'homéostasie

Principe d'homéostasie systémique

Chaque système tend à réduire ses variations afin de trouver un équilibre qui lui permet de continuer à vivre. Par exemple, votre corps va automatiquement maintenir votre corps à une certaine température, qu'il fasse 0°c ou 40°c.

Il en va de sa survie.

Ou alors... la société va réguler le nombre d'accidents (ou l'argent qui rentre dans ses caisses) en plaçant des radars sur le bord de nos routes.

Ou votre conjoint va vous faire une remarque si un soir, sans prévenir, vous allez dormir du côté de son lit (sans rien dire).

Ou la société va prendre des mesures pour réduire la propagation du coronavirus afin de maintenir son équilibre (qui est fonctionnel pour le capitalisme, et dysfonctionnel pour la planète terre).

Ces exemples différents sont là pour souligner que ce principe d'homéostasie touche tous les systèmes. 

Maintenant un équilibre n'est pas toujours bénéfique sur le long terme pour le système.

Un équilibre peut être dysfonctionnel: c'est le cas d'une personne qui mange mal jour après jour (ou qui fume). C'est régulier, mais le système fonctionnerait plus longtemps sans ces pratiques.

Un autre point frustrant (et affolant vu la situation de notre planète): un système a beaucoup de difficulté à changer de l'intérieur. Vous pouvez le constater avec l'environnement de notre planète. Malgré les conférences et la situation alarmante de notre système terre, l'équilibre dysfonctionnel ne bouge pas. 

J'aime dire que quand un système ne change pas, c'est que celui-ci ne souffre pas suffisamment. Et il faut une grande souffrance (ou une situation très urgente) pour que l'on puisse faire (d'après la légende) ce que le Baron de Munchhausen a réalisé... lorsqu'il s'est sauvé de la noyade lui-même, en se tirant par les cheveux.

Je reviendrais sur cette notion de souffrance un peu plus loin...

Le principe de la totalité (ou d'émergence)

Principe d'émergence

1+1= 3

Le tout est supérieur à la somme de ses parties.

La qualité émergente du feu est possible uniquement en réunissant du combustible, de la chaleur et... de l'oxygène. Si vous retirez un seul de ces éléments, le feu s'éteint. 

Sur le plan humain maintenant.
En parlant avec une personne, j'aurai des idées auxquelles je n'aurai pas eu seul.

Ainsi quand on analyse une situation, on va l'analyser dans sa totalité en gardant à l'esprit ceci: le comportement d'un individu est la conséquence du fonctionnement du système et non l'inverse.

Je répète l'adage qu' "il faut être deux pour danser le tango". Car il permet de voir le monde qui nous entoure sous un nouvel angle. Je suis responsable du comportement que les gens (ou le système) a envers moi.

La preuve? Les manipulateurs.

Je ne sais pas où ceux-ci se cachent, mais je n'ai (encore) jamais eu de manipulateurs qui m'ont pourri la vie. Alors que d'autres personnes ont toujours affaire aux manipulateurs. Évidemment que j'interagis avec des manipulateurs, mais le fonctionnement de mon système (mes comportements) ne donne pas envie aux manipulateurs de venir vers moi.

Mais le principe de totalité n'est pas forcément positif.

1 + 1 = 0.

Par exemple, si vous mettez 3 personnes qui ont un style de vie sain ensemble, et que vous y ajoutez une personne qui mange mal et qui ne fait pas de sport, cet élément peut changer les habitudes de tous les autres éléments du système.

Les stoïciens en parlaient déjà il y bien longtemps: protégez-vous du vice comme d'un virus. 

Le principe de l'équifinalité

Principe d'équifinalité

Ce qui fonctionne dans un système ne fonctionnera peut-être pas dans un autre système similaire. Et pour comprendre ce qui peut fonctionner dans un système (chaque système est unique) il est important de se baser sur le fonctionnement "ici et maintenant" plutôt que d'analyser les causes (passées) possibles d'un tel fonctionnement.

En gros, chercher à comprendre le passé pour améliorer un système est très gourmand en ressources (et souvent inutile).

Les psychologues apprécieront.
Et Freud se retourne dans sa tombe (tant mieux).

Est-ce possible de changer un système équilibré?

Si vous vivez une situation problématique depuis trop longtemps, il y a fort à parier que vous faites partie d'un système en équilibre dysfonctionnel.

Cette notion (fonctionnel / dysfonctionnel) est très subjective, car on revient sur la notion de bien et mal. Pour pouvoir juger un élément comme étant mal (dysfonctionnel), il est important d'y ajouter le contexte et donc les intérêts du "jugeur".

Le coronavirus est quelque chose de mal si je me place dans les baskets de Julien, fondateur de l'Organisologie. Mais quelque chose de bien, si je me place dans les baskets de la planète Terre ou des pompes funèbres. Il s'agit peut-être même d'un anticorps de la planète terre qui vise à se défendre contre le virus de l'humanité.

Ce qui est certain: si vous vivez depuis longtemps une situation problématique et que celle-ci perdure malgré vos efforts, un équilibre s'est mis en place. Et cet équilibre vous pose problème... mais peut arranger certaines personnes.

Prenons un cas que je ne connais pas qui touchent beaucoup d'humains: les manipulateurs (narcissiques ou non).

Admettons que vous soyez dans une relation de merde avec un pervers narcissique.

Insidieusement, vous allez vous sentir de plus en plus mal. C'est leur mode de fonctionnement. Mais c'est tellement progressif, que vous ne vous rendez pas compte que l'eau devient de plus en plus chaude (allusion à l'eau de la casserole dans laquelle est placée une grenouille... que l'on fait chauffer de plus en plus).

L'équilibre change selon le changement de type 1: le changement évolutif.

Les caractéristiques de ce changement: c'est lent et peu douloureux. Et tout changement évolutif permet au système de s'organiser contre ce changement.

Et dans cette situation au caractère dysfonctionnel (pour vous), mais pas pour votre agresseur (qui a besoin de vos émotions négatives pour vivre), vous commencez à souffrir.

Un jour, il commence à vous frapper, mais vous acceptez, car vous êtes pris dans cet équilibre.

De l'extérieur, vos amis ne vous comprennent pas, votre famille n'ont plus... mais tout fait sens en termes de système.

Et un jour, votre conjoint frappe votre enfant.

Là, la souffrance atteint un nouveau sommet qui provoque un changement de type 2.
Un changement de rupture. Les caractéristiques de ce changement: c'est rapide et douloureux.

Après un changement de rupture, le système est totalement déséquilibrer et une nouvelle dynamique peut rapidement prendre lieu.

  • Vous pouvez tuer votre conjoint avec le couteau de cuisine...
  • Demander le divorce...
  • Fuir avec votre enfant...
  • L'attaquer en justice...

Toutes des options qui étaient valables durant toute la relation, mais qui ne pouvaient pas être mis en place. Pourquoi? Parce que la souffrance n'était pas suffisamment importante.

Ainsi cette notion de souffrance est très importante à comprendre. Même si vous n'êtes pas en conflit ouvert avec un pervers narcissique... cette absence de souffrance explique pourquoi vous ne changez pas dans d'autres domaines de votre vie.

  • Pourquoi continuez-vous à aller au lit tard?
  • Pourquoi vous continuez de boire ou de fumer?
  • Pourquoi vous continuez de croire que le coronavirus c'est une simple grippe?

Simplement parce que vous ne souffrez pas suffisamment.

Et c'est ce que je recommande (parfois) aux gens que j'aide: si vous ne changez pas... attendez. Cela parait contre-intuitif, mais cela fonctionne à merveille.

Pour plusieurs raisons:

  • La première, le système ne souffre pas suffisamment et n'a donc pas suffisamment de raison de changer.
  • La deuxième, je force la personne à plaider pour le changement.

Je m'emporte un peu, mais imaginez une personne qui souhaite se remettre au sport...

Elle va dire...

- "J'aimerai me remettre au kettlebell" (par exemple)

Et plutôt que de l'encourager dans ce sens, ce qui créerait un déséquilibre mental (cette fois), je vais le décourager de se mettre au sport.

- "Bah... les kettlebells ne t'apportent pas de clients".

À ce stade, il y a deux possibilités:

1. Soit il va argumenter en faveur du changement (se mettre au sport) afin de conserver son équilibre et défendre son choix (ce qui augmente les probabilités  d'un éventuel engagement)

2. Soit il va rejoindre mon avis et dans ce cas, il ne souffre pas assez et n'aurait pas tenu son engagement dans la durée.

Ce qui nous amène à la notion de feed-back si important en analyse systémique

(Fascinant je vous avais dit)

J'aurais peut-être dû amener cette notion plus tôt dans l'article... tellement c'est important, mais vu que je ne suis pas de script, je trouve que c'est le bon moment.

Si vous ne pouvez pas analyser un système complexe, et encore moins prédire celui-ci...

  • Comment faire pour vous diriger dans la complexité? 
  • Comment savoir si les nouvelles actions que vous prenez sont correctes ou incorrectes?

En vous basant sur la boucle de rétroaction (ou feedback) du système

Le feedback (ou rétroaction) vous indique que les actions que vous prenez réduisent ou augmentent l'espace entre votre situation actuelle et la situation désirée.

feed-back systémique

Revenons sur mon insomnie...

  • Prendre des bains chauds avant d'aller au lit...
  • Ne pas m'exposer à de la lumière bleue...
  • Ne pas trop manger le soir...
  • Évitez la caféine...
  • Faire de l'autohypnose...
  • Avoir une température de ma chambre à coucher de 18.3°C

Tous ces éléments sont des actions que je prends.
Une à une.
Et je m'observe.

Est-ce que je dors mieux? Est-ce que j'ai plus d'énergie le lendemain?

  1. Si la situation s'améliore, alors je fais plus de la même chose (ou je continue)
  2. Si la situation ne s'améliore pas, alors je change.

Ainsi le systémicien est un chercheur qui s'oriente avec le feedback du système.

Tout ce que j'ai cité précédemment n'a pas fonctionné et toutes ces actions ont un point en commun: retrouver le sommeil.

Qu'ai-je fait pour résoudre ce problème d'insomnie?

Après 4 mois, une fois que la souffrance me permettait d'agir de manière complètement illogique, j'ai décidé que j'allais cesser de dormir.

Plutôt que de rester au lit lorsque je me réveillais... j'ai décidé que j'allais quitter mon lit et travailler sur mon blog.

En 3 nuits, mes insomnies m'ont quitté.

L'importance de l'action 

Je le répète dans mes articles, mes formations et même ma signature de mon email...

20% d'analyse et 80% d'action.
Développez un biais pour l'action.

Vu qu'un système est unique et complexe, il est important de tenter de le faire bouger pour comprendre comment celui-ci fonctionne afin de l'amener là où on le souhaite.

Revenons sur du très concret: vous n'arrivez pas à vous organiser et vous en souffrez.

Si vous lisez des articles sur le sujet, ce que vous faites, c'est de comprendre ce qui fonctionne sur d'autres systèmes (par exemple, vous lisez mon livre et vous tentez de découvrir les méthodes qui fonctionnent chez moi).

Mais parce que vous êtes différent et que vous évoluez dans un environnement différent du mien, vous pourrez uniquement vous inspirer... et je l'espère, trouver l'envie d'agir.

Mais ensuite, vous allez devoir TESTER.
Sans ce test, vous ne pouvez pas évaluer la validité de mes propos.

À chaque essai, vous allez vous poser la question suivante:

Est-ce que je me rapproche de l'état désiré de mon système ou est-ce que je m'éloigne de mon état désiré / reste dans l'état actuel?

Par exemple, est-ce que je quitte le travail à 16h tous les jours? (si vous souhaitez arrêter de faire des heures sup)

Ce travail itératif vous permet de récupérer du feed-back unique à votre situation. Et c'est ce feed-back qui vous permet de vous diriger dans la complexité.

Ce feed-back a plus de valeur qu'un best-seller américain écrit pour des enfants de 6 ans. Mais pour obtenir ce feed-back, les efforts sont plus importants que d'aller acheter et lire ce best-seller.

À vous de choisir ce que vous préférez faire.

Reprenons ces principes, mais appliquons-les à d'autres situations:

Exercice N°1 - Madame Truc et Monsieur Machin.

Bon maintenant que vous en savez plus sur l'approche systémique (j'espère vous avez donné envie à aller plus loin dans ce champ d'études) voici 2 situations.

Vous pouvez utiliser les commentaires pour me dire ce que vous feriez pour changer la situation....

Madame en a marre de ramasser les assiettes de Monsieur

Madame Truc et Monsieur Machin forment un couple depuis plusieurs années. Monsieur Machin à l'habitude de manger au salon en regardant la télévision... Ensuite il s'endort et va au lit sans débarrasser ses couverts.

Le lendemain, il part au travail et Madame Truc doit débarrasser.

Cela commence à l'ennuyer d'autant plus que Monsieur Machin s'occupe de moins en moins de sa part des tâches ménagères...

Madame Truc a tenté de:

  • Demander à plusieurs reprises à Monsieur Machin de faire un effort.
  • Elle lui a laissé un post-it en partant au travail (pour quand il reviendra)
  • Ils ont eu une discussion pour parler des tâches ménagères...

Monsieur Machin promet de changer, mais rien ne change.

Et Madame Truc continue de débarrasser ces (PUTAIN) de couverts.

Elle en a marre.

Analyse

Ce qui semble normal pour certaines personnes ne semble pas normal pour d'autres. On peut discuter des heures de "est-ce qu'une femme devrait débarrasser les couverts de monsieur?"

Les féministes vont apprécier 😉 Mais c'est là que le type qui fait de l'approche systémique doit mettre de côté son jugement de valeur. On s'en fout de savoir ce qui est normal ou non. On cherche à savoir ce que veut Madame Truc pour aller mieux.

Chaque système à ses références de ce qui est bien et mal. 

Ainsi Madame Truc ne trouve pas normal qu'elle doive débarrasser les couverts de Monsieur Machin. Et je suis d'accord avec elle.

Elle a tenté plusieurs solutions qui ne fonctionnent pas.
Pourquoi cela ne fonctionne pas? On ne le sait pas.
Et on s'en fout des raisons qui font que cela ne fonctionne pas.

Nous ce que l'on veut, c'est que la situation s'améliore.
Même un petit peu.
Cela nous permettrait de savoir dans quelle direction aller.

Et vu que l'on ne peut pas prédire ce qu'il va se passer dans un système complexe (rappel aux économistes et ceux qui gagnent leur vie en "prédisant") il faut tester.

Que feriez-vous à la place de Madame Truc?

Les commentaires sont à vous, je ne mords pas.
On est là pour apprendre.

Réflexion - Il a un problème, pas moi!

L'une des situations les plus comiques est la suivante:

Une personne se plaint que l'autre à un problème.
Comme un danseur de tango qui se plaint que son partenaire danse mal.

Mais peut-être que le partenaire est très satisfait de ses pas de danse et ne compte pas changer. Dans ce cas, qui a réellement un problème?

Prenons une autre situation...

Vous baladez votre chien croquette et à un moment, vous voyez à 50 mètres un homme en camisole de force, tachée de sang, avec un couteau à la main.

La normalité

Il vous dévisage d'un air terrifiant.

Qui a un problème? Vous ou lui?

Eh ben... dans un monde normal, il a un problème, car il devrait être incarcéré. La société l'étiquette comme étant "fou".

Mais là, dans le présent la seule personne qui a un problème, c'est vous (et votre chien croquette).

Dans beaucoup de situations, réaliser que vous êtes la personne concernée par le problème vous permet de changer plus rapidement de comportement.

Cet aspect est spécialement intéressant pour les pervers narcissiques qui ne semblent pas pouvoir être raisonnés.

Exercice N°2 - Aurélie et son augmentation salariale

Aurélie bosse dans une startup et au moment de se faire engager le boss lui a promis une augmentation salariale pour dans 3 mois (si elle est toujours là). 

Après 3 mois, elle ne reçoit pas cette augmentation.

Elle demande un entretien...
Le boss lui dit qu'il fera une proposition...
Cette proposition ne vient pas...

Après 2 semaines... Aurélie le relance par email...

Il fait une proposition qui est en dessous de l'augmentation initiale prévue après 3 mois.. En plus de l'augmentation des responsabilités (hey attend, c'est une start-up).

Aurélie contrebalance en disant "je veux plus ce que vous m'aviez promis, car j'ai plus de responsabilités".

Il dit qu'il doit réfléchir...

Mais 2 semaines plus tard, Aurélie vient toujours au travail et sans gagner plus...

Que devrait faire Aurélie à votre avis?

Réflexion - Arrêtez de croire les gens

Ces deux exercices mettent en avant plusieurs choses...

Le premier truc, c'est que baser vos décisions sur ce que disent les gens n'est jamais un bon pari. Il est préférable de regarder ce qu'ils font. Toujours.

Pourquoi? Parce que parler nécessite moins d'énergie que d'agir. Les actions d'un système ont donc plus de valeur pour ce système que de parler.

Lectures pour aller plus loin dans la théorie (et la pratique)

Je pourrais vous parler encore des heures d'approche systémique. Ce champ d'études m'a ouvert les yeux comme Neo qui découvre la matrice.

Cette approche m'a permis d'être beaucoup plus relax sur ce qui semble incohérent à première vue.

Je profite de cet article pour remercier Laurant Vuarraz Voisin qui m'a fait découvrir ce champ d'étude et qui m'a (surtout) donné envie de m'y mettre.

Si vous souhaitez creuser le sujet, voici des ressources que je vous recommande de découvrir:

Livres pour aller plus loin dans la démarche systémique


  • À la recherche de l’école de Palo Alto de Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia-Rivera
  • Chevaucher son tigre de Giorgio Nardone
  • La stratégie brève de Paul Watzlawick
  • Faire soi-même son malheur de Paul Watzlawick
  • Approche systémique dans les organisations d’Alex Mucchielli
  • Manager par l’approche systémique de Dominique Bériot
  • Et évidemment, l’IGB.

Pensez à me dire ce que vous avez pensé de cet article... et dire ce que vous feriez à la place de Madame Truc ou Aurélie.

  • Wahou cet article fait écho en moi ! Pour différentes raisons, notamment le fait que j’ai passé les 20 premières années de ma vie à tout analyser…. j’ai maintenant 30 ans et l’impression de profiter de ma vie depuis 10 ans !
    Pour avoir été dans les 2 situations :
    A la place de Madame Truc, je rajoute ma propre vaisselle par dessus…
    A la place d’Aurélie, je pose sur le bureau de mon patron une offre d’emploi supérieure à ce qu’il me propose. Bon, sauf que ça n’a pas marché et que je suis finalement partie. Pour le meilleur !

    J’en profite pour te remercier Julien, pour ton contenu de qualité qui fait réfléchir et agir (même si je reste ma plus grande ennemie). Je me félicite aussi d’avoir acheté ta formation 0 paperasse. Quitte à rester plus souvent à la maison, j’en profite pour remettre à plat ma vie administrative. 2 ans que je dois le faire…

    Courage à tous, toutes mes pensées positives !

  • Jacqueline dit :

    En ce qui concerne l’histoire des couverts, je les laisserais sur la table jusqu’à ce qu’il les ramasse lui-même. Si j’ai malgré tout besoin d’utiliser la table, je les mettrais sur le lit, de son côté, ou dans son sac, ou à un endroit où il les trouvera de toute façon, et si possible dans un endroit bien chiant pour lui : sous son oreiller ? Dans ses chaussures ? Quel pied d’imaginer tant d’endroits rigolos et surtout de voir sa tête en les découvrant ! LOL

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