Pratique délibérée = Résultats extraordinaires

La pratique délibérée vous permettra d'améliorer vos compétences et atteindre des objectifs hors du commun.

Certes, ce n'est pas une pilule magique, mais si vous souhaitez devenir bon dans un (ou plusieurs) domaine (s)... la pratique délibérée mérite votre attention!

Les lignes qui suivent ont comme objectif de vous présenter ce qu'est la pratique délibérée, ses pièges fréquents et comment commencer à l'utiliser au quotidien.

On gardera en tête le principe "d'abord faire fonctionner puis améliorer" et on évitera ainsi dans un perfectionnisme qui nous empêche de commencer aujourd'hui à progresser.

Pratique délibérée

Pourquoi s'intéresser à la pratique délibérée? 

Après tout, votre objectif n'est peut-être pas d'être le nouveau Roger Federer, Alex Honnold ou le Leonardo De Vinci des temps modernes....

Et surtout... comme vous le découvrirez... la pratique délibérée n'est pas intuitive (ce qui est intuitif, c'est de pratiquer de manière automatique).

Donc... pourquoi (diable) se compliquer la vie en pratiquant avec délibération?

J'ai ouvert mon cerveau numérique et je suis allé à la chasse aux informations. J'ai découvert 3 points qui devraient vous donner envie de tester la pratique délibérée.

1. Qui ne progresse, régresse.

Cette phrase énoncée par Confius de la manière suivante: "Celui qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour...." souligne un principe important du fonctionnement de notre univers: la thermodynamique.

La thermodynamique est un ensemble de lois qui nous permettent de mieux comprendre comment les systèmes fonctionnent. Si le domaine des systèmes vous est inconnu, alors jetez un oeil à cet article: approche systémique, un paradoxe pour résoudre vos problèmes persistants

Aujourd'hui, c'est surtout la deuxième loi de la thermodynamique qui nous intéresse: le désordre dans un système (l'entropie) ne cesse d'augmenter. Pour diminuer les effets, il est important d'investir de l'énergie continuellement.

  • Pour votre corps, il s'agira de manger, dormir, faire du sport et gérer votre stress.
  • Pour votre appartement, il s'agira de faire régulièrement votre ménage.
  • Pour votre mental, il s'agira de continuer à lire, d'apprendre, de discuter et d'exposer vos idées...  Plus important, il s'agira de lutter contre le besoin de certitudes... car le besoin de certitude est la plus grande maladie à laquelle l'esprit est confronté.
  • Pour votre voiture, il s'agira d'amener celle-ci chez un garagiste afin d'éviter de vous retrouver sur l'autoroute sans freins.

Où veux-je en venir?

Si vous cessez d'investir des ressources dans vos compétences, alors vous progresserez moins vite qu'une personne qui applique les principes de la pratique délibérée...

Pire, vous régresserez.

En ce sens, la pratique délibérée est un retardateur d'entropie.

2. La régularité n'est pas synonyme d'efficacité

L'effet de simple exposition nous fait croire qu'en faisant quelque chose régulièrement, on devient bon. Alors que la régularité / familiarité n'est pas synonyme d'efficacité

L'effet de simple exposition
  • Certains communiquent depuis des années... mais communiquent mal.
  • Certaines gèrent des équipes depuis des années... mais gèrent mal leurs équipes...
  • Certains respirent depuis des années... mais respirent mal (ils devraient essayer la cohérence cardiaque ;-))
  • Certains s'alimentent depuis des années... mais s'alimentent mal.

La pratique délibérée va lutter contre l'effet de la simple exposition qui nous faire croire que plus on fait quelque chose avec régularité, plus on est bon.

Alors que ce n'est pas le cas: notre égo nous fait croire que certaines pratiques ne sont plus nécessaires, notre vigilance décroit et les erreurs plus ou moins coûteuses s'insèrent dans notre quotidien.

3. Ce n'est pas le plus fort qui gagne, mais celui qui s'adapte le mieux. 

S'adapter n'est pas agréable, s'adapter signifie quitter son confort, rencontrer des doutes et des menaces, mais, si vous voulez restes compétitif (ou survivre) vous n'avez pas le choix. Car ceux qui vous entourent ne vont pas s'arrêter de s'adapter.

Votre corps est soumis au principe de l'évolution et l'adaptation. Mais il n'est pas le seul... vos connaissances et vos compétences sont aussi soumises au principe de l'adaptation.

Ce qui était juste un jour ne l'est plus forcément. De nouvelles découvertes ont été réalisées, rendant caduques les anciennes pratiques. Prenez l'exemple des saignées appliquées sur des patients malades dans le but de les soigner de la maladie...

Si vous rencontrez un médecin qui vous dit...

"Une petite saignée pour guérir cette fièvre?!"

Vous allez le prendre pour un malade (et vous avez raison). Le monde bouge, notre connaissance de celui-ci aussi, et si vous restez statique, vous serez obsolète.

La pratique délibérée vous aide à rester à jour (voir en avance) en vous sortant de votre zone de confort. Tous ceux qui pratiquent de cette manière vous le diront: se remettre en question fait partie de la démarche.

Ce n'est pas agréable, mais c'est efficace.

Ceci dit...

C'est quoi la pratique délibérée?

Le but de la pratique délibérée n'est pas l'argent, la gloire, la reconnaissance, mais le développement de votre personnalité et vos compétences - Robert Greene (Mastery)


Certes Robert n'aborde jamais le terme "pratique délibérée" dans son livre Mastery, mais les points communs avec les travaux Anders Ericsson sont frappants.

Là où la pratique normale inclut une répétition automatique et satisfaisante d'une certaine compétence, la pratique délibérée consiste à corriger avec attention certains aspects de la pratique, d'atteindre de nouveaux niveaux et de constamment chercher à aller plus loin.

Attention, il ne s'agit pas simplement de répéter machinalement un mouvement en espérant devenir bon, mais de consciemment chercher à améliorer celui-ci.

L'idée est de faire de la quantité qualitative... plutôt que de la quantité automatique... voire négligée.

C'est subtile mais ce n'est pas pareil.

Les 6 étapes de la pratique délibérée

  1. Choisissez un domaine qui résonne avec vous. Il est important d'aimer le sujet de votre pratique.
  2. Pratiquez seul (ou avec un coach) pour atteindre un objectif précis (évitez les exercices en groupe... c'est distrayant).
  3. Réalisez des exercices faciles à reproduire.
  4. Assurez-vous d'avoir un retour d’information (feed-back) rapide et si possible instantané.
    Un thérapeute aura de la peine à pratiquer de manière délibérée, car entre les différentes séances, son patient vit et il est difficile d’attribuer l’amélioration de l’état de celui-ci à l’intervention unique du thérapeute.
  5. Effectuez des exercices difficiles (ou ennuyeux) qui vous plongent hors de votre zone de confort et qui vous incitent à quitter votre plateau actuel de connaissances.
  6. Restez à 100% physiquement et mentalement dans l’exercice. 
    Pavel Tsatsouline vous dirait "Train like if you are in the battlefield" (Entrainez-vous comme si vous étiez sur le champ de bataille).

Ceci dit, voici un exemple de pratique sportive délibérée que j'ai suivi:

Le sujet que j'adore pratiquer: la kettlebell. Après 2 ans de pratique, je sentais que je commençais à régresser. Je faisais de moins en moins d'exercices.

J'ai donc décidé d'atteindre un objectif particulier: réaliser en septembre 2018, 100 snatches à 24 kg en moins de 5 minutes afin de passer ma certification d'instructeur (ehh ouai, je ne passe pas ma vie devant un écran).

L'exercice était plus ou moins facile à reproduire une fois que je maîtrisais le mouvement. Mais... l'acquisition de ce mouvement a pris des mois. Des mois et pas mal de blessures aux mains.

J'ai pris un coach pour m'aider à voir mes erreurs. Car en tant qu'humain il est très difficile de faire et de s'évaluer en même temps. Un coach vous permet de voir ce que vous ne voyez pas, vous laissant la possibilité de vous concentrer à 100% sur votre pratique.

Sans oublier la fenêtre de Johari qui stipule que vous avez un angle mort sur vous-mêmes (que seuls les autres peuvent voir, c'est frustrant, mais c'est ainsi).

Grâce au coach, j'ai appris à ressentir quand je faisais juste mon mouvement et quand je ne le faisais pas juste. Cette sensation qui n'est pas explicable avec des mots me permettait de savoir quand je faisais juste ou faux lors de mes entraînements individuels.

Les exercices étaient toujours les mêmes. Ce qui changeait était la charge de travail. Parfois des entraînements plus courts, parfois plus longs. 

Quand je réalisais mes exercices, je chronométrais mes séries avec de m'inciter à être là et ne pas prendre plus de temps que prévu. Je notais dans mon agenda infini les mesures de mes entraînements.

Avec de la pratique, j'ai réalisé mon test le 2 septembre 2018, et j'ai continué de pratiquer pour passer la recertification le 18 août 2020. 

Un autre exemple de la pratique délibérée sur ma prise de notes

En 2019 j'ai compris l'importance de prendre des notes. Mieux vaut tard que jamais. J'adore lire, mais la seule chose que je faisais était d'annoter mes livres ou de souligner certains passages.

J'ai eu comme objectif de résumer les livres que je lisais pour les lecteurs abonnés à mes notes de lecture. Je ne résume pas tous les livres, mais quand je décide de résumer un livre (et c'est souvent le cas) je tente de le faire tel un "chasseur d'idées".

Ainsi la lecture n'est pas une succession de chapitre à lire afin de rapidement passer à un autre livre. Ce n'est plus la taille (de la liste de livres lus) qui compte... mais les idées récoltées.

Les exercices à reproduire étaient "simples". Tous les jours de la semaine, je commence par lire avec un crayon en main à la recherche d'information surprenante.

Le retour d'information provient des connexions que je fais en classant certaines idées dans mon cerveau numérique, de la part des lecteurs et des publications automatiques sur mes réseaux sociaux. Le retour d'information provient également des e-mails ou des articles que j'écris et les feedbacks que je reçois.

Les exercices difficiles sont faits lorsque je dois reformuler les idées de grands penseurs pour reclasser le modèle ou l'idée dans mes notes. Je n'ai pas d'autres choix que d'être 100% présent.

Les ennemis de la pratique délibérée

Je vais à présent citer les 5 ennemis de la pratique délibérée qui vous empêchent de commencer... Ces ennemis proviennent du livre "Mastery" de Robert Greene 

1. La complaisance

La seule chose que je sais, c'est que je ne sais pas - Socrate. 

Rappelez-vous constamment que vous savez très peu. Gardez la citation de Socrate vous aidera à éviter l'effet Dunning-Krugen qui stipule que moins on est compétent plus on surestime ses compétences.

2. Le conservatisme

Si toute votre vie vous vous êtes identifié à une manière d'approcher la réalité, et qu'un jour on vous explique que cette manière est erronée , vous pouvez lutter pour préserver votre identité ou vous adapter.

Il est facile de tomber amoureux de certaines idées... et si difficile de les remettre en question. Le biais de confirmation ne nous aide pas, certes, mais souvenez-vous que ce n'est pas le plus fort, le plus riche, le plus ancien qui survit... mais celui qui s'adapte le mieux.

Plutôt que de nier la réalité, il est préférable de reconnaître celle-ci et de s'adapter.

3. La dépendance

Idéalement, vous devez rompre le besoin d'approbation qui est stimulé par un coach ou un mentor. Vous devez être en mesure de voir votre travail avec un regard indépendant. Ainsi vous serez moins dépendant des critiques qui peuvent vous décourager ou vous faire abandonner votre projet.

4. L'impatience

C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre - Louis XIV

Selon Robert Greene, ce piège est le plus dangereux de tous. Il vous fait croire que votre travail est bon. Que vos compétences sont excellentes alors qu'en faites... c'est votre impatience qui vous fait tourner la tête.

Léonard de Vinci en a même fait un motto intitulé: Ostinato Rigore que l'on pourrait traduire par "Rigueur bornée"

La meilleure manière de neutraliser l'impatience est de cultiver le plaisir d'une certaine douleur, le plaisir de s'enrichir avec une pratique qui n'est pas facile, repousser ses limites et surtout... résister aux raccourcis.

5. La grandeur

En gérant la critique, en pratiquant de manière délibérée, les résultats arriveront (souvent). Parfois la tête peut grossir et il important de se souvenir que la chance à son mot à dire. 

D'autres personnes ont pratiqué de manière délibérée et n'ont pas obtenu les résultats de Roger Federer, Tiger Wood, Mozart ou Benjamin Franklin.

Être au bon moment et au bon endroit à plus d'importance qu'imaginé et s'en souvenir vous permettra de ne pas être à la merci de la grosse tête ou de l'attention et la reconnaissance du public

Les 2 challenges de la pratique délibérée

À mes yeux, il y a deux grandes difficultés lorsqu'on pratique de manière délibérée:

1. Rester focalisé quand la pratique devient ennuyeuse. 

Le cerveau a tendance à automatiser ce qui est fait avec régularité pour en faire des habitudes.

C'est bien dans la plupart des cas, mais concernant le domaine dans lequel on souhaite exceller, il est impératif de lutter contre ce pli mental.

On y parvient en changeant de coach, on changeant de pratique, on se remettant en danger, on pratiquant des revues régulières, en créant des systèmes autogratifiants et surtout... et en se demandant "comment améliorer cet aspect?"

2. Accepter le prix à payer de changer (et l'incertitude)

Quand on fait quelque chose qui fonctionne le 80% du temps... et que l'on veut augmenter notre taux de réussite... il est tentant de se dire que l'on va partir de 80% (notre état actuel) et avec de la pratique délibérée, passer à 90% puis à 95%.

Progression de manière délibérée

La réalité est différente: parfois il faudra arrêter de faire quelque chose qui nous semble naturel et facile (et qui fonctionne) pour faire quelque chose de difficile et qui fonctionnera moins souvent... Pour peut-être, sur le moyen / long terme, atteindre un taux de réussite supérieur. Le pire? Il n'y a aucune garantie.

En ce moment je réapprends à faire des services au badminton: ce désapprentissage / réapprentissage me fait perdre des points... mais je fais confiance à mon coach et au processus.

Dernière question:

Peut-on s'améliorer sans la pratique délibérée?

Oui, évidemment.

La plupart des gens s'améliorent sans utiliser la pratique délibérée. Mais la plupart des gens atteignent un niveau satisfaisant puis passent à autre chose car ils oublient que quand on ne progresse pas, on régresse.

Dès que l'on est satisfait ou que l'on rencontre les premiers plateaux, on a tendance à passer à autre chose, et on reste dans la norme. Si vous voulez atteindre des résultats hors du commun... vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Si le sujet de la pratique délibérée vous intéresse, voici quelques lectures que je vous recommande.

Bonne pratique! 

Julien

PS: Pour complémenter votre lecture, découvrez un article sur le sujet de l'autodiscipline.

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