Parce quand on pense à la fatigue décisionnelle, on pense à ces grandes décisions qui jalonnent la vie d'un entrepreneur :
- Investir dans un projet important (vous avez dit l'IA?)
- Pivoter à cause d'un concurrent ou une nouvelle technologie
- Licencier et recruter.
Mais dans ma vie et celle de certains clients, ce qui génère de la fatigue décisionnelle, ce sont toutes ces petites décisions à prendre, encore et encore.
- Valider une note de frais à 14 CHF
- Trouver un bon moment pour voir mon assistant
- Définir un prix pour le lancement
- Décider si on fait un rabais à cette entreprise, et combien
- Est-ce que j'achète cette perceuse ou celle-ci ?
- Quelle photo mettre sur ce post linkedin ?
- Comment répondre à ce client mécontent ?
- Quel mot de passe pour ce site web ?
- Pneu d'hiver maintenant ou dans 3 mois ?
- Raclette ou fondue ?
Maintenant imaginez pouvoir diviser par 100 les décisions que vous prenez semaine après semaine
Boom.
Alors évidemment vous devrez encore décider. C'est votre rôle d'entrepreneur.
Mais vous retrouvez du temps et de la bande passante pour ce qui compte.
Je ne dis pas que vous allez parvenir à diviser par 100 les décisions que vous prenez, comme ça, à la suite d'une lecture... mais ça donne une belle direction.
Maintenant vous faites peut-être partie de ceux bien conscients que le problème est généré par toutes les petites décisions, qui reviennent encore et encore.
Dans ce cas, vous le savez...
Le problème des petites décisions : elles fragmentent votre journée
Elles n'attendent pas 11h pour débarquer dans votre bureau.
Non, elles arrivent via la boîte mail n°1, la boîte mail n°2, la boîte mail n°3. WhatsApp, Teams, Slack, à la pause café, dans le couloir et en réunion.
Et la réponse naturelle et logique face à quelque chose qui arrive de manière imprévisible ? C'est de répondre du tac au tac, dès que c'est là, pour éviter que ça s'accumule.
En faisant ça, vous devenez réactif.
Un vrai entrepreneur pompier.
Donc vous l'avez deviné, je ne vais pas vous expliquer comment décider plus rapidement, ni comment mieux décider, ça vous savez le faire.
Je vais plutôt vous parler du type de décision 1 contre 100
Une décision qui en supprime cent. Ci-dessous, je vous donne 3 décisions de type 1 contre 100 qui ont été exécutées par mes clients et moi-même.
Mais avant ça, mes clés reviennent dans la partie.
Durant des années je courrais après mes clés. Au moment de quitter mon domicile, je me demandais où je les avais posées. La table à manger ? La table du salon ? Le bureau ? La bibliothèque ?
Puis un heureux événement est venu empirer la situation.
Je suis devenu papa de deux générateurs de chaos/amour, ça dépend des jours.
Dès lors mes clés étaient un objet de convoitise.
Au moment de les chercher, je me demandais "où est-ce que mon grand aurait pu mettre les clés?"
Et un jour j'en ai eu marre et j'ai pris une décision de type 1 contre 100
J'ai installé un crochet pour suspendre mes clés.

Alors là vous me direz "c'est évident". Et c'est bien ça le plus frustrant : les décisions 1 contre 100, une fois prise, génère une seule pensée :
Pourquoi ai-je attendu si longtemps ?
La réponse est simple : parce que j'avais toujours autre chose en tête. Une décision plus importante et parce que la routine endort au point de s'habituer aux situations qui nous incitent à reprendre encore et encore des décisions.
Et en arrière-plan, la fatigue décisionnelle continue de s'accumuler. Donc la prochaine étape est de réussir à identifier ces situations problématiques qui nous poussent à prendre encore et encore des décisions.
3 astuces pour identifier des situations problématiques qui génèrent de la fatigue décisionnelle
Le test du soupir
Chaque fois que vous soupirez, vous êtes potentiellement dans une situation qui se répète. Votre cerveau ne le remarque plus, mais votre corps vous le dit de manière très claire.
Le "jamais" ou "toujours" suivi d'une plainte (ou énoncé de manière négative)
Vous êtes ici dans une situation problématique qui se répète. Si vous ne faites rien, à moins d'avoir un gros coup de bol, vous serez dans la même situation dans 6 mois, voire pire.
Quelques exemples :
- Je ne sais jamais où j’ai enregistré ce compte-rendu
- J’ai toujours trop d’e-mails à traiter
- Je n’arrive jamais à déconnecter le week-end
- Je travaille toujours le soir
- Je repasse toujours derrière Kevin (ou l’IA)
- Je n’ai jamais le temps d’avancer sur ma stratégie / vision.
L'analyse IA
Vous pouvez demander à votre IA d'analyser vos conversations en lui demandant les décisions qui reviennent régulièrement. Si vous êtes téméraire, vous pouvez lui demander d'analyser vos e-mails.
Voici une instruction à donner à votre IA
Tu vas m'aider à repérer les décisions que je reprends encore et encore, sans m'en rendre compte.
CONTEXTE
Je dirige une entreprise. Une bonne partie de ma fatigue ne vient pas des grosses décisions, mais des petites qui reviennent chaque semaine : valider une dépense, trouver un créneau, répondre à la même question d'un collaborateur, choisir où ranger un document. Je veux trouver celles qu'on peut régler une fois pour toutes.
SOURCE
Si tu as accès à nos conversations passées, analyse-les. Demande-moi si tu veux que j'accède aux e-mails et autres sources de données que tu juges pertinentes (comme un boitier transcripteur IA tel que Plaud ou Pocket)Sinon, utilise la matière que je colle ci-dessous. [Collez ici une semaine de notes, d'emails ou de messages, si nécessaire]
CE QUE TU CHERCHES
Trois signaux : 1. La répétition : la même décision prise plusieurs fois, même sous une forme un peu différente. 2. La frustration : les moments où j'exprime de l'agacement, de la lassitude, un soupir. 3. Les « jamais » et les « toujours » suivis d'une plainte : « je ne sais jamais où… », « je dois toujours… », « on n'arrive jamais à… ».
CE QUE JE VEUX EN RETOUR
Un tableau avec, pour chaque décision récurrente :
- la décision, en une ligne, avec mes mots
- combien de fois elle revient (une estimation suffit) et où tu l'as vue
- le signal qui l'a trahie : répétition, frustration, ou jamais/toujours
- une décision « 1 contre 100 » qui la supprimerait : une règle, un budget délégué, un lien que les gens utilisent sans passer par moi, un outil en double à supprimer, ou un endroit unique pour ranger quelque chose.
Classe le tableau de la décision la plus fréquente à la moins fréquente. Termine par les trois décisions « 1 contre 100 » que tu me conseilles de tester en premier, et pourquoi celles-là.
RÈGLES
- N'invente rien. Ne liste que des décisions que tu as réellement vues dans la source. Si tu doutes, dis-le.
- Pas de jargon. Parle comme moi.
- N'accède pas à des données sans l'accord explicite de l'utilisateur.
Ceci dit...
Voici trois exemples de décisions 1 contre 100
1/3 Le seuil financier de délégation

L'idée est d'attribuer un budget en fonction d'un rôle et d'une période, que la personne peut utiliser pour résoudre des problèmes et performer au travail.
Commencez avec des montants et des personnes qui sont pertinents pour vous. Puis évaluer le test après quelques semaines.
L'idée ici est de supprimer les décisions d'achat à 20 CHF qui peuvent être prises par des collaborateurs compétents.
2/3 Le lien de réservation
Tous les efforts pour joindre une personne ont un nom : la taxe de coordination. Si je vous appelle, que je tombe sur un répondeur, je vous laisse un message. En sortant de réunion, vous écoutez le message, vous me rappelez, et je suis en conférence.
Ce problème a été résolu lorsqu'il s'agit de groupes, mais dès que l'on est dans les rendez-vous un à un, on retombe dans nos vieux travers.
La solution ? Utilisez un logiciel pour créer des créneaux en fonction du type de personnes (ou de rendez-vous).

Par exemple, tous les jours, de 16h à 17h, vous avez 6 créneaux de 10 minutes pour vos collaborateurs.
Une fois par semaine, vous avez du temps pour les clients.
Trois fois par semaine, vous avez du temps pour les prospects.
Au moment de signer le contrat d'un nouveau collaborateur, il reçoit son lien.
Au moment d'onboarder un client, il reçoit son lien.
Vous apportez de la valeur aux gens, car ils n'ont plus besoin de vous courir après.
Est-ce que ça va supprimer toute la taxe de coordination ? Non, certaines personnes n'utiliseront pas le lien. Mais si vous avez déjà une réduction de 50%, c'est bon à prendre.
3/3 Le doublon supprimé
Chaque fois que vous avez 2 outils ou 2 logiciels, qui ont la même fonctionnalité, et qui sont les deux utilisés, alors vous avez un excellent générateur de fatigue décisionnelle.
Parce que chaque fois que vous aurez besoin de la fonctionnalité, vous devrez choisir.

Exemples :
- 2 agendas
- Outlook et Teams
- Claude et ChatGPT
- One note et Google drive
- Todo liste papier et todo liste numérique
- Etc.
La décision 1 contre 100 préférée
Je ne pouvais pas vous laisser partir sans aborder ma décision 1 contre 100 favorite.
Je l'ai découverte quand j'ai quitté le terrain pour remonter dans les bureaux. Là j'ai découvert, horrifié, la quantité phénoménale de l'information que l'on devait gérer, quand on travaillait derrière des écrans.
J'en ai fait une illustration.

Et c'était bien avant novembre 2022, date à laquelle ChatGPT a débarqué chez Monsieur Tout-Le-Monde.
À l'époque j'ai décidé d'organiser mon information.
Alors évidemment, c'est moins rapide que fixer un crochet au mur, mais les avantages sont bien plus intéressants :
- Vous pouvez voir le travail en cours, anticiper les échéances et reprendre le contrôle de vos semaines.
- Vos collaborateurs deviennent plus autonomes car ils ont l'information pour mieux travailler sans vous interrompre et vous poser 1000 questions.
- Si vous voulez implémenter de l'IA dans votre boîte, alors vous disposez d'une fondation pour avoir un retour sur investissement plus rapide.
- Et si un jour vous souhaitez revendre votre entreprise, vous ne prendrez pas -30% dans les dents.
Alors par où commencer ?
Je pourrais vous dire, faites appel à mes services, mais bon sang, on est sur un article de blog, ce serait mal perçu.
Je vous laisse avec une question :
Et si l'information clé pour faire tourner votre boîte sans vous, avait enfin son crochet... ça changerait quoi dans votre quotidien ?
Cet article est la retranscription de ma conférence au rendez-vous des entrepreneurs de la Foire du Valais 2026.




