L’effet Zeigarnik : comment vous en protéger ?

Vous n'avez probablement jamais entendu parler de l'effet Zeigarnik.

Pourtant, vous avez sûrement déjà ressenti ses effets : lorsque vous tentez de garder trop d'information à l'esprit, votre mémoire se surcharge et il est de plus en plus difficile de rester concentré sur une tâche. 

Sans oublier le stress généré par les tâches à faire, les personnes à appeler, la paperasse à renvoyer.

Dans cet article, vous découvrirez les origines de l'effet Zeigarnik, ses conséquences sur votre infobésité ainsi qu'une solution concrète pour vous protéger.

Les origines de l'effet Zeigarnik

En 1927 à Berlin, un groupe d'étudiant se trouve dans un restaurant ¹. Ils passent commande au serveur qui ne prend pas de notes. Après quelque temps, la commande arrive à leur table, tout est juste. Les étudiants sont surpris.

Après le repas, l'étudiante Bluma Zeigarnik remarque qu'elle a oublié son écharpe et retourne au restaurant. Elle s'adresse au serveur à la mémoire infaillible... et celui-ci la regarde en lui disant "qui êtes-vous?"

Bluma lui demande comment il a pu oublier qui elle est avec sa super mémoire... Ce à quoi le serveur répond : "je garde chaque commande à l'esprit jusqu'à ce je livre celle-ci"

À partir de là, Zeigarnik et son mentor Kurt Lewin ont étudié se phénomène et ont remarqué que l'on a tendance à ne pas oublier les tâches incomplètes. Elles persistent dans notre esprit et viennent nous déconcentrer ou nous stresser...

Mais...

Sommes-nous obligés de terminer nos tâches pour espérer ne plus devoir y penser ? 

Pas totalement.

Plus tard, le psychologue social Roy Baumeister ² et son équipe de chercheurs ont rassemblé des étudiants qui étaient à deux semaines de leurs examens finaux. Ils ont ensuite créé trois groupes.

  • Le groupe contrôle devait lister les événements sociaux à venir ainsi que les événements auxquels ils se sentaient obligés de participer.
  • Le deuxième groupe devait évaluer l'importance de l'examen à venir...
  • Le troisième groupe devait évaluer l'importance de l'examen à venir... et créer un plan d'étude détaillé pour réussir l'examen.

Il leur a été demandé de préciser ce qu'ils feraient pour assurer une performance satisfaisante à l'examen, ainsi que le moment et le lieu où ils passeraient l'examen.

Puis, L'équipe de Roy Baumeister a demandé aux étudiants de compléter douze débuts de mots...

Par exemple en voyant Pa... certains étudiants pensaient à panique. Alors que d'autres pensaient à Paris ou encore Party (fête en anglais). C'est une méthode intéressante pour sonder l'état d'esprit des étudiants.

Résultat ?

Le groupe deux a mentionné plus de mots en lien avec les examens que le premier groupe montrant que l'esprit est en partie occupé par un objectif en cours.

Les participants du troisième groupe, qui ont planifié leur examen, ont mentionné peu de mots en lien avec les examens à venir, tout en étant mieux préparés.

Les participants du groupe contrôle ont mentionné peu de mots en lien avec les examens à venir, sans pour autant être préparés sur les examens à venir.

Conclusion ?

Zeigarnik a fait l'erreur de croire qu'il fallait terminer une tâche pour ne plus y penser. C'est possible, mais selon le professeur Brian R. Little, un étudiant américain avait en 1988 en moyenne 15 projets en cours.

Dans ces conditions, il est difficile d'espérer un jour avoir l'esprit libéré de toutes les tâches à venir...

La solution ? Posez sur un support fiable les actions précises à entreprendre pour terminer un projet.

Et tout commence par capturer tout ce qui vous passe par la tête dans un espace unique : le vide-cerveau.

Le vide-cerveau contre l'effet Zeigarnik et l'infobésité

Vous venez de le découvrir : vous n'êtes plus obligé de terminer une tâche pour ne plus y penser. À condition que le plan précis pour accomplir cette tâche soit déposé sur un support fiable.

Un calepin peut être un support fiable, à condition de ne pas le perdre. Si vous avez tendance à égarer vos différents supports OU à en avoir plusieurs, ce qui rend la recherche de l'information compliquée, alors une partie de vous ne fera pas confiance au support... et continuera de privilégier la mémoire.

Je souligne vraiment cet aspect de la fiabilité : si votre système pour capturer l'information n'est pas fiable, une partie de vous préférera conserver l'information en mémoire (et continuer à se surcharger d'information).

À présent, le vide-cerveau.

Il s'agit d'un espace dans lequel vous allez capturer toute l'information qui vous passe à l'esprit au fil des heures.

Les premiers temps, vous aurez peut-être beaucoup d'informations à capturer (un peu comme si vous aviez ouvert les vannes de votre mémoire). Je vous recommande de commencer vos journées par une décharge quotidienne de tout ce que vous voulez, devez, ne ferrez plus dans votre vide-cerveau.

Faites cela par exemple en buvant votre premier café. C'est une bonne habitude à mettre en place si vous cherchez à étendre vos périodes de concentration.

Prenez également l'habitude d'avoir votre vide-cerveau toujours à portée de main pour pouvoir capturer les informations qui viennent lorsque vous travaillez.

Par exemple, vous rédigez une présentation et soudainement vous devez "appeler Marc pour lui confirmer un devis". Restez sur votre tâche du moment. Capturez l'information et revenez à la rédaction de votre présentation.

Profitez également lors de vos pauses afin de capturer ces informations. J'écris cet article en utilisant la méthode Pomodoro, et lors des pauses, j'ai souvent des idées qui viennent. Je profite pour les capturer.

Vous le voyez, l'enjeu de la capture, c'est la vitesse. Dans ce contexte, votre calepin/stylo reste des armes redoutables.

Quel support utiliser pour votre vide-cerveau ?

Pour ma part, j'ai deux vide-cerveau : le calepin/stylo que j'utilise quand je suis en dehors de ma place de travail habituelle.

Et un point dans le logiciel Workflowy quand je suis dans mon espace de travail habituel (ordinateur connecté à internet).

Ce qui est important : la durée des idées étant très courtes (surtout les bonnes idées) il est essentiel de ne pas avoir des distractions entre le moment où vous voulez capturer une idée et le moment où vous avez capturé l'idée.

Par exemple, votre smartphone mal configuré (avec une tonne de notifications qui s'affichent sur votre écran verrouillé) est déconseillé. Les chances d'être attiré par une information personnelle, émotionnelle et imprévue sont grandes.

Et hop... vous vous retrouvez à lire vos mails.

Et plutôt que capturer les idées... vous vous noyez sous l'information.

Le traitement du vide-cerveau 

En fin de journée arrive la partie importante. Souvenez-vous de l'expérience de Roy Baumeister : si vous n'organisez pas l'information que vous avez capturée afin d'en faire un plan d'action (même grossier) vous continuerez d'être anxieux et perturbé par tout ce que vous devez, voulez, pourriez faire...

 Il est essentiel de prendre un moment en fin de journée pour traiter les informations qui se trouvent dans votre vide-cerveau.

Une manière simple est de classer les tâches isolées dans votre agenda (comme acheter des gants) et les tâches en lien avec vos projets, dans vos projets.

Le reste de l'information peut être classé dans des références utiles pour plus tard, mais également dans des choses à faire un jour peut-être.

Sans effet Zeigarnik, notre vie serait un chaos sans nom. 

C'est grâce à cet effet (une condition de notre mental) que nous pouvons nous rappeler certaines tâches que l'on oublie. Et je suis bien content d'avoir parfois une pensée "flash" "Merde! J'ai complètement oublié de rappeler Marc".

 Mais... baser votre système de gestion d'information / tâches sur cet effet, dans un monde sur connecté ? C'est une excellente façon de faire un surmenage.

Vous l'avez compris, dans un monde sur connecté, il est important d'établir un système pour traiter la déferlante d'information... surtout si vous avez plusieurs projets et que vous bossez derrière un écran (comme moi).

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez en savoir plus en découvrant le Cerveau Numérique qui centralise au même endroit vos informations.

Julien

PS : 

1. Merci d'avoir lu mon article sur l'effet Zeigarnik. Cet article m'a demandé des heures de travail. Vous m'aiderez en prenant 3 secondes à le partager à votre entourage.

Merci d'avance !

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et envoyez-le à un ami ambitieux ou curieux.

Sources


  • ¹ The art of thinking clearly - Rolf Dobelli
  • ² Consider It Done! Plan Making Can Eliminate the Cognitive Effects of Unfulfilled Goals - E. J. Masicampo and Roy F. Baumeister
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