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Pourquoi vos projets de fond n'avancent pas (et comment y remédier avec la méthode VOIR)

La méthode d'organisation V.O.I.R permet d'avancer 3x plus vite sur un projet stratégique malgré un quotidien surchargé

Pourquoi vos projets de fond n'avancent pas (et comment y remédier avec la méthode VOIR)
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Ce texte a été créé par mon Cerveau Agentique. Quand un contenu est rédigé avec l'aide de l'IA, une annonce comme celle-ci se trouve au début de l'article.

Faut que je vous parle d'une histoire qui m'a marqué.

On est dans les années 1970, aux Pays-Bas. Crise énergétique. L'énergie coûte cher. Des experts analysent différents quartiers pour comprendre les différences de consommation.

Ils tombent sur un quartier où les maisons sont similaires. Les familles aussi. Rien de spécial. Sauf que certaines familles consomment 30% moins d'énergie. Et personne ne sait pourquoi.

Les gens se grattent la tête. On compare les revenus, les habitudes, la taille des familles. Rien ne colle.

Et au bout d'un moment, on découvre un détail. Un objet. Placé différemment.

Le compteur électrique.

Dans certaines maisons, il était à la cave.
Loin des yeux.

Dans celles qui consommaient moins, il était dans le hall d'entrée.
Là où on passe plusieurs fois par jour.

On a simplement rendu visible quelque chose qui était invisible. Et ça a changé les comportements. Sans discipline, sans effort, sans nouvel outil. Sans incantation au fond du jardin.

Si je vous raconte cette histoire, c'est qu'elle explique exactement pourquoi vos projets de fond n'avancent pas. Et pourquoi la solution est beaucoup plus simple que ce que vous pensez.

Ludwig et le cercle vicieux des urgences

Récemment, Ludwig m'a dit un truc qui m'a marqué.

"Je passe mes journées à répondre à des emails, des appels, des sollicitations de mes équipes, à répondre à mes clients. J'arrive en fin de journée et ce qui devait être fait n'a pas été fait. Ce qui me permet de développer ma boîte n'a pas été fait."

Ses enfants ? Il les voit grandir sur WhatsApp.
Parce que le weekend, il travaille. Le soir aussi.

Sa santé ?
Il prend du poids.
Il commence à fatiguer.

Son projet d'entrepreneur ? Il avait signé pour faire de la croissance, améliorer sa réputation, aider ses clients. Et aussi pouvoir partir le soir en sachant que la situation est sous contrôle.

Sauf qu'il n'en est pas du tout là. Ludwig est dans ce que j'appelle le cercle vicieux des urgences.

Le travail planifié n'est pas fait. Il devient urgent. Ces nouvelles urgences empêchent la planification. Et la boucle recommence.

La fausse piste : recruter, automatiser, rajouter des outils

Quand on est coincé comme Ludwig, la question qui revient c'est : comment je m'en sors ?

Si vous regardez YouTube aujourd'hui, les réponses fusent. L'IA. Les nouveaux outils. Recruter un bras droit. Automatiser.

Tout ça, ce sont des solutions intéressantes.
À un moment donné.

Mais ce qui me saute aux yeux quand je parle avec des entrepreneurs qui n'arrivent pas à avancer sur leurs projets de fond, c'est de réaliser à quel point tout est dans la tête. Le travail est invisible.

La plupart des entrepreneurs que j'accompagne se pointent le matin en mode : "Bon, je vais regarder mes emails pour savoir sur quoi je vais travailler." Au doigt mouillé.

Vous pouvez avoir 15 outils, 3 assistants et une IA dernier cri. Si tout reste dans votre tête pour décider quoi faire chaque matin, le résultat sera le même.

Pourquoi rendre le travail visible change tout

Toute la thèse de cet article peut se résumer en une phrase.

Pour pouvoir avancer sur vos projets de fond dans un quotidien surchargé, il faut voir le travail invisible.

Pas "être plus discipliné".
Voir. La preuve ?

Deux tiers de la population ont une préférence spatio-visuelle

C'est un fait. La majorité d'entre nous acquiert plus d'information à travers la vision que tous les autres sens réunis.

Quand on affiche le travail, quand on sort les tâches d'un fichier Excel, d'une to-do list ou de la boîte mail et qu'on les met dans un endroit unique, tout d'un coup, on arrive à prendre de meilleures décisions. On arrive à mieux planifier et à mieux anticiper. On réduit les nuits blanches en mode "purée, il fallait absolument que je rende un truc pour demain."

C'est d'ailleurs le principe fondamental de la méthode Kanban : rendre le flux de travail visible pour identifier les problèmes.

Le biais peak-end sabote votre planification

Le concept de peak-end, popularisé par Daniel Kahneman, stipule qu'on se souvient des derniers événements et des moments émotionnellement forts, les pics positifs et négatifs. Tout ce qui se trouve entre les deux disparaît.

Si je vous demande ce que vous avez mangé hier, vous vous en souviendrez. Ce que vous avez mangé il y a 10 jours ? Aucune chance, sauf si c'était incroyablement bon ou exécrable.

C'est la même chose quand vous planifiez de tête. Vous allez naturellement travailler sur les derniers mails, les dernières conversations, les dernières sollicitations. Ou alors les gros événements émotionnels : un contrôle TVA, un lancement de produit.

Qu'est-ce qui passe à la trappe ? Les projets de fond en phase calme. Ceux qui ne crient pas. Ceux qui n'apparaissent dans aucun email urgent.

Jusqu'au jour où ils deviennent urgents. Un client qui relance, un site qui lâche, une deadline dépassée.

J'aime bien dire que la plupart des urgences du quotidien sont des tâches qui auraient dû être planifiées et faites dans le passé, mais qui, par faute de visibilité, ne l'ont pas été.

Vous ne subissez pas les urgences. Vous les fabriquez sans le savoir.

Le compteur dans le hall d'entrée

Revenons à notre histoire néerlandaise.

Les familles qui consommaient 30% de moins ne faisaient rien de spécial. Elles ne faisaient pas d'effort. Elles n'avaient pas de meilleure discipline.

Elles passaient juste devant le compteur plusieurs fois par jour. Elles voyaient leur consommation. Et naturellement, leurs comportements changeaient.

De la même manière, à partir du moment où vous pouvez voir le travail qui est chez la plupart des gens invisible, vous pouvez commencer à mieux anticiper les échéances, à plus facilement dire non (parce que vous voyez que ça ne rentre pas), et à mieux planifier.

Conséquence naturelle : plus de contrôle sur vos semaines.

À l'inverse, tant que tout reste de tête, c'est l'inverse. Pas d'anticipation. Oui à tout. Cycle infernal des urgences. Réactivité permanente. C'est exactement la situation de Ludwig.

Deux questions pour savoir si votre travail est invisible

Avant de passer à la méthode, testez-vous.

Question 1 : Demain matin, vous pointez au travail. Comment allez-vous décider sur quoi travailler ?

Si votre réponse c'est "je regarde mes mails" ou "je prends ma longue to-do list et je choisis ce qui semble le plus urgent", une grande partie de votre travail est invisible.

Question 2 : Combien de projets en cours avez-vous en ce moment ?

Si le chiffre ne vous vient pas en 5 secondes, il y a de fortes chances que des projets invisibles vous prennent beaucoup de temps sans que vous ne vous en rendiez compte.

La méthode VOIR en 4 étapes

VOIR, c'est un acronyme. Quatre étapes pour passer du mode réactif au mode proactif.

V - Visualiser

Première étape : visualiser deux choses.

1. Les tâches récurrentes hebdomadaires. Tout ce que vous devez faire chaque semaine pour maintenir votre activité fonctionnelle. L'avantage : leur durée est facile à estimer. Et ça vous force à être moins optimiste sur le temps qu'il vous reste pour le reste.

Un élément rarement identifié dans cette liste : traiter les emails. Ça prend du temps. Beaucoup. Et tant que ce n'est pas listé, c'est invisible.

2. Les projets en cours. Pour les identifier, regardez votre to-do, votre agenda, les réunions passées, votre logiciel de gestion ou les post-its sur lesquels vous gérez vos différents projets.

Si le mot "projet" est flou pour vous, je recommande la méthode des 4P — un mini-cours qui vous montre comment périmétrer, structurer et suivre un projet sans accumuler du retard.

O - Ordonner

Maintenant que vous avez vos deux listes, il faut ordonner. Prioriser.

Il existe plusieurs méthodes de priorisation. La matrice RACE, la matrice préférentielle, la matrice ICE, le coût du retard.

Et puis il y a Eisenhower.

Moi, je n'utilise pas la matrice d'Eisenhower. Si vous êtes dans la peau de Ludwig (coincé dans le cercle vicieux des urgences) vous allez rester dans les urgences en l'utilisant. Parce que quand on est dans ce mode, tout semble important et urgent en même temps.

J'aime bien dire que la matrice d'Eisenhower a deux utilités. La première : poser un diagnostic à un instant T de combien de temps part dans les urgences et combien part sur du travail à moyen-long terme. La deuxième : identifier les charlatans : parce que si les personnes qui la recommandent l'utilisaient, elles se rendraient compte que ça ne fonctionne pas.

À ce stade, ce n'est pas si important de trouver la méthode de priorisation parfaite. Vous pouvez simplement vous poser cette question :

Si tous les projets que je viens de lister avancent comme prévu, lequel ferait le plus de différence pour moi dans 5-10 ans ?

Prenez ce projet. Un seul. C'est celui que vous allez utiliser dans l'étape suivante.

I - Initier le projet au quotidien

Ce que je vois souvent en accompagnement, c'est cette dynamique.

On se réveille à 6 heures, on se couche à 22 heures. Au fil des heures, l'énergie descend et les imprévus montent. La plupart des gens se disent : "je gère d'abord les urgences, et ensuite j'aurai du temps pour mes projets de fond."

Donc ils planifient les projets de fond en fin de journée.

Le problème ?

En fin de journée (si les imprévus n'ont pas eu raison de vous) vous vous retrouvez face à un projet stratégique avec deux neurones qui se battent en duel. Vous vous dites : "je ferai ça demain." Et demain ? Rebelote. Urgences le matin, épuisement le soir, projet de fond qui ne bouge pas.

Ce que je recommande : le soir, vous écrivez la tâche spécifique que vous souhaitez réaliser le matin suivant, en lien avec le projet du moment.

L'enjeu ici, ce n'est pas le temps. C'est de quitter le mode réactif.

"Je démarre ma journée en regardant mes emails" versus "je sais le soir en quittant mon poste ce que je vais faire le lendemain au réveil."

Et gardez à l'esprit ceci : cinq minutes tous les matins, ça suffit pour se rendre compte que ces cinq minutes ne sont pas suffisantes.

Le gros problème que je vois chez des entrepreneurs qui ont des enfants, une vie associative, plusieurs projets : 2-3 heures de suite sans interruption dans la semaine, c'est rare. Si vous espérez tout condenser le vendredi après-midi et qu'un imprévu débarque, vous perdez une semaine de progression d'un coup.

Vous avez meilleur temps de faire 5 minutes lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi matin. De temps en temps, vous ferez une demi-heure. Et à la fin de la semaine, vous avez vos 3 heures - sans avoir eu besoin d'un seul bloc de 2 heures.

Ce qui est intéressant avec cette approche, ce n'est pas tant la quantité de travail que vous fournissez. C'est le fait de tous les matins remettre votre projecteur mental sur ce projet. Dans la journée, vous allez penser à des choses, avoir des idées, identifier de l'information pertinente.

Vous initiez sur le même projet chaque jour. La tâche change, mais le projet reste le même jusqu'à ce qu'il soit terminé.

C'est d'ailleurs le même principe que la méthode Eat That Frog : faites la chose la plus importante en premier. Avant que les urgences ne mangent votre journée.

Ce que ça donne quand le compteur est dans le hall

Marie-Laure Javoy-Rauline dirige des pépinières. Avant, elle détestait ouvrir sa boîte mail le matin. Charge mentale permanente, projets ouverts qui ne se fermaient pas, printemps en apnée chaque année.

Le déclic ? Un petit dessin.

"Le déclic, c'est le dessin avec un projet et le pas de temps lié à 10 projets. Et là je me dis : forcément qu'ils n'avancent pas si tu en as 10 en même temps."

Aujourd'hui, ce sont ses propres salariés qui lui demandent de leur montrer comment elle fait. Ils gèrent moins de sujets qu'elle et sont plus stressés.

"Aujourd'hui je sais dire non. Pas par discipline, mais parce que je vois ce que coûte un oui. Je ne commence plus mon matin à aller voir ma boîte mail. Ma tâche du matin est déjà calée la veille."

Rémi Tourmente dirige 3 entreprises, 60 salariés, 13 millions d'euros de chiffre d'affaires. Il travaillait 6 jours par semaine. Ses sujets stratégiques passaient toujours en fin de journée, quand il n'avait plus d'énergie.

En affectant 30% de son temps au stratégique le matin, tout a changé. Il pensait avoir besoin de 50-60% du temps. 30% a suffi.

"Je travaille désormais 3 jours par semaine, contre 6 auparavant. Le mercredi soir, tout ce qui doit avancer est bouclé. Et malgré ça, j'ai lancé une troisième entreprise."
"Le plus fort, ce n'est pas seulement le gain de temps. C'est le soulagement mental. Quand je pars le soir, je sais que tout est planifié ou stocké. Le 'zut, j'ai zappé' devient rare."

Le point commun entre Marie-Laure et Rémi ? Ils ont déplacé le compteur. Rendu visible ce qui était invisible. Et les comportements ont suivi sans forcer.

R - Réviser

Dernière étape : vous révisez une fois par semaine.

Vous révisez la liste de tâches récurrentes, parce qu'un projet qui se termine donne parfois naissance à une tâche de maintenance. Si un jour vous recrutez une assistante pour traiter vos emails, cette personne, vous devrez la voir chaque semaine. Nouvelle tâche récurrente.

Et vous révisez les projets en cours, parce que des projets vont se terminer, d'autres vont s'ajouter. Vous voulez continuer à voir le travail. Pas le laisser retourner à la cave.

C'est cette révision hebdomadaire qui ferme la boucle. Sans elle, le système retombe dans l'invisible en quelques semaines.

Avant de faire, il faut voir

La différence entre ceux qui arrivent à avancer sur leurs projets de fond et ceux qui n'y arrivent pas tient en un mot : voir.

Voir les tâches récurrentes hebdomadaires. Voir les projets en cours. Ensuite, prendre un seul projet et le faire passer avant tout le reste. 5 minutes le matin suffisent pour démarrer.

Et surtout : réviser chaque semaine pour que le travail reste visible.

Comme les familles néerlandaises qui passaient devant le compteur tous les jours : ce n'est pas une question de discipline. C'est une question de contexte. Rendez le travail visible, et vos comportements suivront.

J'explique tout ça en détail dans cette vidéo, avec l'histoire complète du compteur et les preuves en 3 points :

👉 Regarder la vidéo sur YouTube

Et si le mot "projet" est flou, si vous ne travaillez pas encore en mode projet, commencez par la méthode des 4P : c'est un mini-cours encore gratuit qui vous montre comment périmétrer et structurer un projet sans accumuler du retard.

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Julien Gueniat

Julien Gueniat

Fondateur d'Organisologie.com. Auteur de 3 livres (Eyrolles, Dunod). Ex-commandant de compagnie dans les troupes de sauvetage (gestion de 150 hommes). Titulaire d'un brevet fédéral en leadership et management. Papa.