J'ai tenu un journal des années. J'ai toujours aimé poser mes mots pour ne pas oublier et prendre du recul avec mes pensées.
Je suis convaincu qu'il est plus facile d'identifier les pensées qu'il ne faut pas croire, quand elles sont à plat devant nous.
Puis, je découvre que l'efficacité d'un journal dépend des questions auxquelles on répond.
Après tout, ça fait sens. Et c'est la même chose avec les humains. Si je vous demande "comment ça va?" vous n'aurez pas les mêmes pensées que si je vous demande "qu'est-ce qui vous a fait sourire la semaine passée?"
Ce déclic, je l'ai eu suite à ma lecture du papier "The power of small wins" de Teresa Amabile.
Son équipe a analysé plus de 11'000 entrées de journaux et a découvert que prendre conscience des petites victoires quotidiennes, en écrivant celles-ci, est plus efficace, pour rester "motivé" que les grandes victoires (qui sont rares).
Mais il y a aussi John Dewey qui disait que l'on n'apprend pas de notre expérience, mais de notre réflexion sur notre expérience.
Après en toute honnêté, je tenais déjà mes journaux papiers, bien avant de tomber sur ces deux sources.
Mais ces deux sources m'ont permis d'affiner les questions que je me posais et comprendre que la régularité n'est pas synonyme d'efficacité. Je peux répéter encore et encore le même mouvement, si je ne suis pas conscient que c'est un problème, je ne vais pas changer.
Peter Bevelin résume l'idée quand il dit
"On peut agir à l'encontre de nos intérêts si nous ne comprenons pas les conséquences de nos comportements."
Du journal papier, au journal hybride (papier / numérique)
Vers 2018, j'installe mon Cerveau Numérique, puis j'insère mon journaling dans celui-ci.
Avec le temps, quelque chose a changé.
Je ne sais pas vraiment quoi.
Je faisais de moins en moins de journaling.
Peut-être parce qu'en fin de journée, quand il est venu l'heure de réfléchir à mon expérience, j'étais lessivé.
Ou peut-être parce que les enfants rentraient dans mon bureau.
Ou simplement parce que j'avais passé suffisamment de temps derrière mon écran... et je ne me voyais pas y passer une minute de plus.
Ou... ma journée n'était juste pas terminée.
J'avais encore des choses à voir, à lire, à faire.
Peut-être que la réponse est un mix de tout ça.
Et même si le format numérique peut faciliter la recherche et la gestion de l'information, plus j'écrivais, plus j'avais besoin de temps pour trouver du sens dans toutes ces idées et ces pensées.
Alors l'habitude s'est étiolée.
En juin 2026, j'ai rédigé 5 fois dans mon journal papier, pour un total de 378 mots
C'est con ça. Parce que je connais l'intérêt de faire du journaling, les bénéfices sont clairs.
Donc je me suis posé deux questions :
comment reprendre cette habitude de partager mes pensées, mais sans être derrière un écran...
et surtout,
trouver des idées, du sens, des schémas récurrents, dans tous mes propos ?
Là je pense à mon troisième principe "Le contexte avant la discipline"
Et je réalise que je partage tous les jours des morceaux de ma vie, avec...
... mes amis.
En général, je le fais le soir, en marchant au bord de la rivière, en leur envoyant un vocal.
Et là, je me dis que je vais créer un journal vocal. Assez rapidement, je vois la structure à installer :
- Des questions qui me sont envoyés tous les jours sur Telegram,
- Je réponds en parlant,
- L'audio est transcrit,
- Puis il poussé dans mon cerveau numérique.
Ces données peuvent ensuite être mise à disposition d'une IA et celle-ci peut m'aider à voir ce que je ne vois pas.
J'ai mis en place ce système en une heure. Je suis passé sur le vps infomaniak, et Claude code m'a installé le système.
Pour rajouter un peu de surprise, chaque jour, le système me propose une question pour stimuler ma créativité et me surprendre.
En juillet, j'ai fait 28 entrées dans mon journal, pour un total de 26979 mots
On approche la fin du mois d'août, et la tendance est similaire.
Ce que ça ouvre comme possibilité :
- Je peux voir des schémas récurrents plus facilement à l'aide de l'IA
- Je peux trouver des anecdotes pour mon contenu, des idées, en partageant ce que je fais au quotidien. (j'ai ajouté quelques anecdotes ci-dessous).
- Je pourrais bientôt m'envoyer un résumé de ce que je faisais il y a une année.
Quelques anecdotes (récupérées par l'IA)
Les mûres
Je descends vers la rivière, comme presque tous les soirs, pour faire mon journaling et manger quelques mûres au passage.
Il y a des gamins qui jouent là. Dix, douze ans, peut-être plus.
Je débarque et je leur balance : « Bon, vous m'avez laissé les mûres ou bien ? »
Ils me regardent. « On n'a rien mangé. »
Ok. Je commence à en cueillir. Et là, l'un d'eux :
« C'est quoi les mûres ? Est-ce que ça se mange ? C'est les noirs qu'il faut manger ? »
J'étais là, en mode… what the fuck.
Des gosses de douze ans qui ne savent pas qu'une mûre, ça se mange. Devant un buisson plein de mûres. Et qu'est-ce que font leurs parents ?
Bon. Au moins ils sont dehors en train de jouer. C'est déjà mieux que rien.
Les septs blindés
13/08 — Les sept Piranhas
Fin de journée. Je sors devant la maison avec Boris pour dépendre le linge.
Et là, sept Piranhas qui passent. Les véhicules blindés de l'armée suisse.
Boris fait coucou à chacun. Tous les sept.
Et le type en haut du véhicule, celui qui sort de la tourelle, il fait le salut militaire.
Lisa me regarde et me sort :
« En fait Boris il comprenait pas, mais ils t'ont tous reconnu en tant que commandant de compagnie et ils te saluaient toi. »
Évidemment que c'est faux. Mais j'ai bien rigolé.
La fourmi dans l'oreille
4/08 — La fourmi dans l'oreille
Au bord de la piscine chez mon frère. Il me dit qu'une fourmi vient de rentrer dans mon oreille.
Je me frotte l'oreille. Bon, elle est partie.
Sauf qu'après, je sens comme de l'eau dans le tympan. Alors je fais ce qu'on fait tous : je penche la tête, je tape, j'essaie de faire sortir l'eau. Je retourne même dans la piscine.
Une demi-heure de traitement. Contre un problème que je n'avais pas.
Et puis je retrouve la fourmi sur mon épaule.
Peut-être une coïncidence. Mais je suis persuadé que c'était elle depuis le début.
Au final, cette expérience démontre un principe que je tente d'appliquer dans ma vie et mes accompagnements (eh oui, je vais faire un coup de marthothérapie) : le contexte avant la discipline.
En 2026, j'oriente de plus en plus mes accompagnements en me posant cette question :
Comment installer un système qui tourne avec la quantité de discipline à disposition de mon client ?
Si vous voulez faire installer ce système à votre IA, j'ai préparé un fichier à lui donner. Le lien pour télécharger le fichier se trouve ici.
Restez PRO.
Et pour voir la vidéo, c'est ici :