Multitâche : 7 jours pour y mettre fin (expérience)

Le multitâche est possible grâce à la croyance (erronée) suivante : je peux faire plusieurs choses en parallèle.

Alors oui, dans certains cas, c’est possible de travailler en multitasking (j’en parle plus loin), mais souvent, c’est une illusion créée par le passage rapide d’une activité à une autre (et ce multitasking a un coût).

Si vous avez l’habitude de travailler en mode multitâche, il vous sera difficile de revenir sur le monotâche (c'est-à-dire, une tâche à la fois), car l’agitation si caractéristique du multitâche à un côté addictif.

On se sent en mouvement, dans l’action, mais en fin de journée, il n’est pas rare d’avoir ce goût d’inachevé.

Plutôt que de vous lister tous les problèmes qui peuvent être générés par le multitâche, j’ai décidé de vous montrer une petite expérience.

Monotâche VS Multitâche : l'expérience

La consigne est simple : tirer un trait noir et un trait rouge.

expérience multitasking / multitâche

En travaillant en monotâche, c'est-à-dire en dessinant le premier trait noir, en changeant la couleur de mon stylo, puis en dessinant le trait rouge, la tâche est réalisée en 13 secondes.

En multitâche ? La même activité est réalisée en 36 secondes.

Maintenant, j'attire votre attention sur un aspect qui est souvent ignoré : si vous observez le résultat, vous réaliserez que la qualité du travail n’est pas la même.

C’est la raison pour laquelle j’ai choisi cette expérience.

Oui une tâche réalisée en multitâche (ou en anglais le multitasking) nécessite plus de temps qu’en monotâche...

mais la qualité du multitâche est moins bonne

Les traits sont moins réguliers.

Un autre aspect qu’il est plus difficile de mesurer, mais que vous pouvez très bien ressentir au quotidien, c’est l’énergie. Vous utilisez plus d’énergie en multitâche qu’en monotâche.

En reprenant la vidéo, le monotâche me demande de manipuler mon stylo trois fois : une fois au début de la tâche, une fois en changeant de couleur et une fois en reposant mon stylo.

Alors qu’en multitâche ? Si vous comptez le nombre de manipulations, vous arriverez à 8.

Toutes les manipulations du multitâche, c’est du travail supplémentaire

Et donc de l’énergie supplémentaire. 

Certainement, l’énergie utilisée dans cet exemple est anecdotique, je ne fais pas finir en PLS (position latérale de sécurité). Mais pour des tâches qui nécessitent de la concentration, chaque interruption est bien plus coûteuse, car retrouver le niveau de concentration que vous aviez avant l’interruption peut prendre jusqu’à 23 minutes selon l’étude menée par Gloria Mark.

Toujours selon les observations de Gloria Mark, un individu quitte une tâche, va effectuer 2 ou 3 autres tâches avant de revenir à sa tâche initiale.

La croyance populaire de nous faire croire que le multitasking consiste à interrompre une tâche, puis une fois l’interruption terminée, de recommencer là où nous nous étions arrêtés.

La réalité est différente : l’interruption a tendance à nous désengager de notre action actuelle pour nous emmener ailleurs (et rarement là où nous l’avions voulu).

Comment passer du multitâche au monotâche ?

Premièrement : le vouloir. J'ai fait de mon mieux pour vous convaincre, que ce n'est pas adapté. Mais si au fond de vous une petite voix vous dit "j'aime paraître occupé", je ne pense pas que vous puissiez passer, en pratique, à la prochaine étape.

Deuxièmement, il est important de comprendre la différence entre savoir et ressentir.

Nous savons qu’il est important de manger des légumes, mais si nous avons l’habitude de manger des aliments transformés, cette nouvelle habitude ne se fait pas ressentir en nous.

Il faut plusieurs répétitions de la nouvelle habitude avant de commencer à ressentir les bénéfices.

Quand on ressent les bénéfices, en général, on se dit « mais pourquoi n’ai-je pas changé plus tôt ? ! »

Donc, si vous êtes accro au multitâche, attendez-vous à ressentir une forme de résistance à faire qu’une seule chose à la fois. Pour vous aider dans le changement, voici un petit exercice simple à énoncer et pas facile à réaliser.

L’idée est de quitter le mode réactif du multitâche pour entrer dans un mode décisif

Plutôt que de réagir à votre environnement, vous décidez de ce que vous allez faire.

Voici la procédure :

1. Chaque soir, définissez une tâche à réaliser la veille en mode monotâche.

Une seule tâche. La tâche doit être réalisable en une session de travail sans pause. Partez sur 25 ou 50 minutes.

2. Le jour suivant, vous réalisez cette seule tâche en mode monotâche. 

Le reste de votre journée, vous agissez comme d’habitude.
Conseil : démarrez par cette tâche

3. Répétez l’étape 1 et 2 jusqu’à réussir celles-ci 7 jours d’affiler.

4. Une fois la monotâche réalisée durant 7 jours d’affilés, vous ajoutez chaque soir 2 monotâches à réaliser le jour suivant.

5. Le jour suivant, vous réalisez les 2 monotâches, et ceci, 7 jours d’affilés.

6. Une fois les deux monotâches réalisées 7 jours d’affilés, vous ajoutez 3 monotâches.

7. Et ainsi de suite.

Quelle tâche choisir ?

Dans un premier temps, la tâche que vous prenez n’est pas importante. Ce qui est important dans cet exercice, est le « comment » vous réalisez la tâche.

Naturellement, rien ne vous empêche de réaliser une tâche à haute valeur ajoutée.

Vous réaliserez que cet exercice n’est pas facile dans les premiers temps, surtout si vous êtes accro au multitâche. Mais rapidement, vous passerez en mode « décisif » et vous vous demanderez pourquoi vous n’avez pas fait cela plus tôt.

Quand est-ce que le multitâche est possible ?

Si plusieurs tâches nécessitent le même canal sensoriel, on remarque une baisse de performance des deux tâches.

Par exemple, si je vous demande de mémoriser le chemin pour venir chez moi tout en écoutant un podcast, les deux tâches utilisent votre ouïe.

En revanche, si deux canaux sensoriels sont utilisés, il peut également y avoir des interférences dans la performance, mais celles-ci peuvent être minimisées, voire éradiquées par l'apprentissage grâce à l'acquisition d'automatisme.

Ainsi il est possible de faire 2 tâches en même temps à deux conditions :

  • Ne pas utiliser le même canal sensoriel
  • Se former à exécuter l'une des deux tâches en mode automatique.

D'autres astuces pour réduire le multitâche (en vidéo)

Le sujet vous intéresse ? Découvrez deux autres pratiques pour réduire le multitâche dans vos journées. 

Cela vous permettra d'être plus concentré, d'avancer plus vite et de réduire les retards.

La vidéo se trouve ici.

Julien

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