Travaillez chez soi en 2021: le guide complet pour être productif à domicile

En mars 2020, les travailleurs du savoir du monde entier se sont retrouvés dans une situation épineuse: face au COVID, travailler chez soi n'était plus un avantage offert par certaines entreprises...

Non.

C'est devenu une réalité imposée par la plupart des entreprises.

Et Darwin le disait il y a bien longtemps déjà: ce n'est pas le plus fort qui gagne, c'est celui qui s'adapte le mieux.

Travailler chez soi

Et de l'adaptation, il y en a eu à tour de bras...

Car... 

Travailler chez soi n'est pas toujours une mince affaire....

Il y a les gamins à gérer... (comme en témoignent plus loin 9 parents)
Le conjoint qui est aussi en télétravail... et qui a des appels à longueur de journée...

Il y a l'absence des collègues qui pèse sur le moral...

  • La chaise du bureau qui nous déplace les lombaires...
  • Les voisins qui s'envoient en l'air...
  • Les logiciels qui plantent...

Le frigo qui nous fait de l’œil...
Le type qui doit venir augmenter le débit WIFI (et qui ne vient pas)...

Et vu que l'environnement a bien plus d'influence (sur notre bien-être et sur notre productivité) que ce que l'on aimerait croire... 

Sans surprise, on se retrouve à lutter...

On tente de rester motivé... de ne pas se laisser aller... de ne pas glisser sur YouTube et de rester concentré sur le tableau Excel...

Travail à la maison

On tente de s'autodiscipliner... de garder nos routines en place et de ne pas rester en training toute la journée...

Et vu que notre volonté est limitée... tôt ou tard, on baisse les bras.

Le pire? Le télétravail ne risque pas de disparaître de sitôt...

Premièrement, on ne sait pas quand on aura une solution à ce virus...

Deuxièmement, les virus de ce genre, il y a en aura de plus en plus...

Troisièmement, les entreprises ont remarqué en 2020 qu'il était possible d'économiser beaucoup de coûts fixes sur la location des bureaux (et selon une étude menée sur plus de 1500 salariés, 43% d'entre eux pensent que demain les entreprises se passeront de bureaux)

C'est vrai après tout, pourquoi débourser une blinde dans des bureaux, si nos travailleurs du savoir peuvent continuer de travailler chez eux?

La tendance est claire:

Travailler de chez soi sera de plus en plus fréquent. 

Et si vous voulez conserver votre job, continuer de prospérer et surtout continuer d'avoir du plaisir en travaillant... alors apprendre à travailler chez soi est une compétence à acquérir. Et rapidement.

La bonne nouvelle?

Vous êtes au bon endroit!

Pourquoi?

Dans ce guide complet collaboratif (plusieurs lecteurs participent à la création de celui-ci) , vous découvrirez:

  1. Comment configurer votre place de travail pour rester productif...
  2. Pourquoi votre cerveau n'est pas "câblé" pour gérer les distractions (et que faire pour réduire celles-ci... cela vous permettra de rester concentré des heures).
  3. Les techniques d'organisation testées pour planifier votre journée et maintenir un rythme de travail réaliste.
  4. Les logiciels d'organisation à prendre en considération pour être organisé et efficace depuis votre ordinateur.
  5. Le matériel que j'utilise depuis que je suis confiné pour pouvoir travailler de manière confortable (je vous montrerai même la lampe de luminothérapie pour survivre au blues hivernal).
  6. Les conseils de mes lecteurs parents qui travaillent de chez eux... tout en s'occupant de leurs enfants...

Pensez à vous abonner à la newsletter pour rester informé des prochaines modifications à ce guide:

télétravail

Ceci dit... découvrez maintenant les raisons qui rendent le télétravail peu évident:

4 raisons qui compliquent
le travail à la maison 

Dans cette première partie du guide, j'expose les problèmes principaux liés au fait de devoir travailler de chez soi. Ensuite, je donne des solutions testées à appliquer dès la fin de ce guide.

Si vous êtes le pape du télétravail et que vous n'êtes ici que pour vérifier vos connaissances, cliquez ici pour vous rendre directement aux conseils pratiques.

Si vous êtes curieux et que vous voulez apprendre à bien travailler chez vous... c'est le moment de prendre des notes.

Raison #1 - la sédentarité

Dans son livre 12 Rules of Brain, John Medina explique que nous avons évolué dans le mouvement. Les hommes marchaient en moyenne 20 km par jour et les femmes 10 km. On est bien loin des 10'000 pas recommandés par l'OMS.

  • C'est dans le mouvement que nous sommes créatifs et que nous nous sentons vivants.
  • C'est dans le mouvement que nous trouvons des solutions à nos problèmes.

Et certainement pas en position assise face à un écran (je donne des chiffres sur la sédentarité un peu plus loin... Spoiler: ils font froid dans le dos).

Depuis que nous devons travailler chez nous, il faut bien l'admettre, le temps de mouvement quotidien s'est bien réduit... et avec lui arrivent des problèmes en cascade.

Raison #2 - le manque de contact social

Nous sommes des animaux sociaux.

Tout ce que nous faisons a souvent comme objectif de rester dans / rejoindre un groupe d'individus.

La pause café, les réunionites et les interruptions peuvent sembler être des activités non productives, mais c'est dans ces moments-là que l'on s'amuse, que l'on obtient des informations informelles et que l'on se sent intégré (ou non) à un groupe.

En étant isolé de vos collègues (ou de vos amis de l'espace de coworking) votre cerveau va se poser des questions. Il lui manque les ragots et toutes ces informations informelles qui lui permettent de se sentir OK.

Et vous savez bien qu'un cerveau en manque d'information imagine toujours le pire.

Le manque de contacts sociaux génère du stress.
Et le stress, ce n'est bon ni pour votre corps, ni pour votre cerveau.

Même si vous êtes un introverti comme moi.

Raison #3 - une difficulté accrue de passer à l'action sur demande

Encore un problème qui est accentué par le télétravail.

Dans le livre The Time Paradox, Philip Zimbardo souligne que durant des milliers d'années, la notion de temps n'existait pas.

Réfléchissez-y: planifier n'était pas utile.
Ce qui intéressait nos ancêtres pouvait se résumer en quelques mots:

  • La bouffe...
  • Le sexe...
  • La survie (les prédateurs)...
  • Un abri pour dormir...
  • Et le moment présent.

Mais la notion de temps (que fais-tu dans une semaine?) n'existait pas.
Depuis l'arrivée de la montre au 19e siècle, tout s'est précisé, tout s'est accéléré.

Certes, nos trains arrivent à l'heure (sauf en France), mais notre cerveau n'a pas suivi le rythme. Conséquence?

Nous avons de grandes difficultés à agir selon des intérêts qui se trouvent dans le futur.

Plus le futur est éloigné et moins les intérêts (ou les conséquences négatives) sont certains... plus il est difficile de passer à l'action.

Cette contradiction entre les intérêts futurs et les intérêts du présent porte un nom: l'acrasie ou la procrastination.

Certaines personnes ont plus de facilité à agir selon leurs intérêts, car elles sont plus orientées vers le futur... alors que d'autres sont boulonnées dans le présent et éprouvent de grandes difficultés à se mettre des coups de pied au cul...

Ces personnes orientées dans le présent éprouvent plus de difficultés à travailler depuis chez soi parce que les tentations aux récompenses immédiates sont plus accessibles et personne ne les observe...

On y reviendra.

Raison #4 - le choix surabondant

Dans un environnement professionnel comme un coworking ou un bureau, vous aurez rarement la PlayStation qui vous fait de l’œil. Vous aurez rarement la possibilité d'aménager votre espace de travail comme vous le souhaitez.

En général, quand vous partagez un espace de travail avec d'autres humains, vous devez trouver un consensus sur plusieurs éléments déterminants: la lumière, la chaleur, l'aération, la déco.

C'est bien de pouvoir être seul et personnaliser son environnement de travail, mais plus vous avez de choix et moins vous serez satisfait de votre environnement de travail, surtout si vous êtes un maximisateur.

Et passer son temps à chercher un meilleur appartement ou à changer, améliorer, optimiser votre espace de travail, c'est du temps que vous ne passez pas à réaliser d'autres activités.

Maintenant que vous connaissez les 4 raisons principales qui vous empêchent de travailler de chez soi... vous aurez besoin de ce qui suit:

Utiliser l'environnement pour transformer
votre cerveau en serviteur dévoué

Dans notre culture, nous avons tendance à associer le comportement d'une personne à sa personnalité. 

  • Il y a des personnes qui sont ponctuelles. 
  • Des personnes qui sont productives et d'autres personnes qui sont paresseuses.
  • Il y a des alcooliques qui n'ont pas de volonté et des entrepreneurs qui ont de la volonté.

Qu'en est-il des entrepreneurs alcooliques?

Ceci dit... ce jugement est une attribution erronée.
Il s'agit du biais fondamental d'attribution.

Car (mal)heureusement, la réalité n'est pas aussi simple. Une personne qui est efficace dans un environnement peut être complètement démotivée dans un autre environnement.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire cet article sur l'approche systémique et notamment le principe de qualité émergente, que je vais détailler un peu ci-dessous:

Comprendre le principe de qualité émergente vous permettra de réaliser à quel point votre environnement vous influence et surtout, il vous aidera à trouver des solutions autour de vous... plutôt qu'à vous flageller mentalement quand vous n'arrivez pas à atteindre un objectif X.

Le feu est une qualité émergente entre du combustible, de l'oxygène et de la chaleur. 

Vous retirez un élément et le feu disparaît.

Une soupe est une qualité émergente: quand vous avez tous les éléments sur la table (les oignons, les carottes, le sel, le poivre, l'eau), vous n'avez pas de soupe pour autant.

Et si votre productivité était une qualité émergente entre une bonne musique, une bonne tâche et un bureau bien configuré?

Et si la qualité émergente de la concentration était une application anti-distraction, une bonne nuit de sommeil et des collègues qui ne sont pas des connards?

Le truc, c'est que le feu est soumis à des principes relativement faciles à comprendre: chimie, physique, et basta.

Surtout... c'est reproductible sur demande: je prends mon briquet, du papier et WOUF... j'ai du feu.

Alors que la productivité est plus complexe.

Et vu que vous êtes unique et complexe, la formule, c'est à vous de la trouver.

La pire des choses à faire, c'est de vous dire: je suis un bon à rien, je n'arrive pas à travailler de chez moi, mes gamins sont incontrôlables... je jette l'éponge!

Car si jusqu'ici travailler chez vous n'a pas fonctionné, le problème est très certainement dans votre environnement....

Pour terminer avec ma dissertation, je vais vous présenter une expérience menée par Google que j'aborde dans la première édition de mon bouquin.

Découvrir l'expérience des M&M'S de chez Google

Les employés mangeaient trop de M&Ms mis à disposition gratuitement. Une équipe de spécialistes des comportements a été mandatée par Google pour changer cela. Jusqu'à ce jour, les employés avaient la possibilité de manger de M&MS qui étaient placés dans des jarres transparentes, proche de la machine à café.

Mais le sucre appelant le sucre, les dirigeants se sont vite aperçus que les gens mangeaient de plus en plus de M&Ms. L'équipe de spécialistes a donc placé les M&Ms dans des jarres opaques et a placé des fruits séchés et des noix dans les jarres transparentes.

Résultat de ce petit changement?

Dans les seuls bureaux de NewYork, 3.1 millions de calories ont été ingurgitées en moins. Non pas en une année, mais en 7 semaines.

Comment expliquer cela?

Les spécialistes ont augmenté la distance entre les consommateurs et l'objet convoité (M&Ms). Mais ils ont aussi réduit la visibilité de l'objet convoité. Et ils ont réduit la distance entre les consommateurs et la nouvelle habitude (manger des fruits secs + noix). Tout en augmentant la visibilité du nouvel objet à rendre attrayant.

Entre gros, ils ont créé de l'anti-accessibilité.

Distance et visibilité. 
Souvenez-vous de ces deux éléments principaux.

C'est utile pour ce qui suit. 

Source:  https://nypost.com/2013/09/03/googles-project-mms-improved-employees-snacking-habits-lives/

Quel est le lien avec l'environnement de votre domicile?

Vous l'avez deviné... votre levier principal n'est pas votre volonté. 
C'est votre environnement.

En modifiant celui-ci, vous sortez de l'équation votre besoin de volonté et vous transformez votre cerveau en serviteur dévoué.

Même un manchot avec un QI de 50 augmentera son efficacité en travaillant sur son environnement. C'est mathématique. Inversement, même un type au QI de 150 sera inutile dans un environnement inadéquat. 

Ainsi c'est beaucoup plus rapide et efficace d'améliorer votre environnement de travail que de faire des incantations sur votre balcon en espérant que Jésus, Bouddha ou Mahomet vous donne la volonté de travailler...

Maintenant, comme le feu, votre environnement est composé de 3 zones qu'il faut passer en revue et améliorer... 

... afin de trouver ce qui fonctionne pour travailler chez vous avec efficacité:

  • La pièce de travail
  • Le poste de travail
  • Le matériel (y compris les logiciels qui équipent votre matériel)

Passons en revue ces différentes zones et les éléments que vous pouvez changer pour influencer votre productivité.

1. La pièce de travail qui vous aide
à travailler avec efficacité

La pièce de travail concerne le lieu dans lequel vous allez produire de la valeur avec vos neurones, vos doigts et une connexion internet.

Il y a 4 éléments à considérer dans votre pièce de travail. J'en parle dans cette vidéo...

1. La lumière

Matériel télétravail

Nous sommes très sensibles à la lumière.

Souvenez-vous la dernière fois où vous deviez lire un livre avec une lumière pas suffisamment puissante: vos yeux se fatiguaient bien plus rapidement au point de parfois somnoler (voire de s'endormir).

Utilisez la lumière pour influencer votre énergie: le matin, exposez-vous au soleil, ou à une lampe de luminothérapie. Cela indique à votre corps qu'il faut se réveiller.

Le soir, à l'inverse, évitez les sources de lumière qui font ralentir la sécrétion de mélatonine, une hormone qui va influencer la venue et la qualité de votre sommeil.

Le soir, utilisez des lunettes anti-lumières bleues (je vous donne la liste de tout mon matériel plus loin dans ce guide).

Concernant votre poste de travail, il faut le positionner afin qu'il profite de la lumière indirecte qu'offre une fenêtre éloignée. Cela évite d'avoir les rayons de soleil qui se projettent sur votre écran.

Faites l'acquisition d'une lampe à luminosité réglable et ajustez celle-ci pour que la chaleur de la lumière se trouve entre 3300 et 5300 Kelvin.

2. La température

Je me souviens de la maison de mes parents en hiver.

Parfois je jouais des heures à un jeu vidéo, sans bouger, et en arrêtant je réalisais que j'avais le bout des doigts bleus.

À l'inverse, à Bali, j'ai travaillé dans des environnements sans climatisation. Et je peux vous dire que ce n'est pas confortable. Je transpirais du bout des doigts et j'avais de la peine à rester concentré.

Le juste milieu se situe dans une pièce tempérée entre 20 et 25 degrés.

Si vous n'avez pas de contrôle sur la température de la pièce (parce que vous devez la partager avec d'autres personnes), habillez-vous comme quand je pars faire du bivouac: en mode oignon. Mettez plusieurs couches afin d'aisément réguler votre température corporelle.

Si vous utilisez une lampe de bureau, optez pour une lampe LED. Cela économise de l'énergie et chauffe moins votre environnement direct.

Jouez avec les courants d'air.
Ouvrez votre fenêtre.
Achetez un ventilateur.

Et pensez à la planète, évitez la climatisation.

3. L'air

Aérez régulièrement votre appartement. Sauf si vous travaillez à Bangkok pendant une période de SMOG.

Si vous toussez souvent, vous avez le nez qui coule, des maux de tête et vous ne savez pas pourquoi, demandez-vous si l'air conditionné de votre espace de travail passe par des conduits qui sont entretenus.

Prenez régulièrement des pauses afin de vous réoxygéner.

4. Le bruit 

Les bruits de fond, les voix, les bruits de clics et d'une manière générale, tous les bruits peuvent vous distraire de ce que vous êtes en train de faire.

La musique peut vous aider à vous concentrer. On y reviendra dans quelques instants. Mais tous les bruits inhabituels (intéressants ou non) vont attirer votre attention et vous détourner de votre tâche actuelle.

Que ce soit le livreur qui vous apporte un paquet, un voisin qui appelle son chien dans son jardin ou une ambulance qui passe dans votre rue.

Devez-vous travailler dans un environnement silencieux?

Certaines personnes doivent (pour se concentrer) travailler dans un environnement totalement silencieux. D'autres (comme moi) travaillent mieux en musique.

Faites un test dans les jours qui viennent sur une tâche identique et regardez ce qui vous apporte plus de résultat.

 Voici plusieurs ressources sonores à tester:

  • simply-noise.com
  • coffitivity.com
  • rainy-mood.com
  • asoftmurmur.com
  • focusatwill.com (celui que j'ai utilisé un moment).

Si vous voulez écouter de la musique en travaillant, voici quelques éléments à considérer:

La musique doit être familière.
Il faut éviter les chants / les mots.
Je vous recommande d'acquérir un casque anti-bruit. 

2. Le poste de travail
adapté à votre corps

Si votre chaise vous rappelle constamment que vos lombaires sont en train de se repositionner pour de bon.... autant vous dire qu'il va être difficile de vous concentrer sur votre fichier Excel.

Il faut bien comprendre que votre poste de travail est le lieu où vous allez passer un nombre considérable d'heures. Si celui-ci n'est pas adapté à votre morphologie, vous allez ramasser cher avec les années.

Bien qu'il m'arrive de prendre des notes en étant vautré sur ce qui ressemble à un sofa, quand il s'agit d'être efficace, j'ai deux postes de travail: ma station debout et une station assise (Je suis trop fainéant pour ajuster la hauteur de mon bureau).

J'ai également à côté de moi deux kettlebells avec lesquelles je fais des swings pour lutter contre la sédentarité (je montre les exercices dans une vidéo un peu plus loin)...

Et depuis peu, une barre de traction que je fixe dans l'encadrement de ma porte... et chaque fois que je passe la porte, hop 1 traction.

Commençons par l'orientation de votre place de travail dans la pièce...

Lorsque vous avez un bureau en face d'une porte qui peut être utilisée par un visiteur, chaque visite fait l'effet d'un popup. Il est quasiment IMPOSSIBLE de ne pas être distrait par une porte qui s'ouvre. Pareil si vous travaillez avec vue sur un environnement extérieur mouvementé.

Plusieurs solutions s'offrent à vous:

Afin d'éviter que des gens puissent voir ce que vous faites sur votre ordinateur (confidentialité) je vous invite à investir dans des panneaux qui vont se dresser entre vous et la porte. 

Vous pouvez utiliser des draps avec des cordes.
Tout est permis.

Si ce n'est pas possible, tentez de tourner votre bureau de 90°. Faites au mieux avec ce que vous avez.

Travailler chez soi n'est pas toujours évident.
Surtout si on a un petit budget.

Régler la position de votre bureau assis

La hauteur de la table doit vous permettre, lorsque vous êtes assis droit sur votre siège, de poser légèrement les coudes sans soulever les épaules.

Réglage accoudage

La hauteur du siège doit être réglée afin que vos pieds reposent à plat sur le sol. Les genoux doivent être à un angle de 90 degrés au minimum.

Pour l'assise, vous devez avoir un léger écart entre le creux de votre genou et la fin de la chaise.

réglage hauteur siège

Le dossier doit être réglé afin de pouvoir reculer le buste sans effort... tout en offrant un soutien en position droite.

L'écran doit se trouver devant vous afin de ne pas devoir tourner la tête. L'écart entre vos yeux et l'écran doit être au minimum d'un bras. Autant vous dire que quand je travaille sur ma table debout, ce n'est pas respecté.

En revanche, quand je suis assis, j'ai un clavier sans fil qui me permet d'éloigner mon écran 15 pouces. La souris doit être entre 10 et 15 cm à l'intérieur de la table afin de pouvoir reposer votre poignet.

réglage hauteur siège

Régler la position de votre bureau debout (Standing desk)

Un bureau réglable doit avoir le plateau qui oscille entre 65 et 125 centimètres. 

Si vous travaillez de nombreuses heures, je vous recommande d'acquérir un tapis de confort pour vos pieds.

Testez votre position assise

1. Fermez les yeux

Est-ce que votre tête est équilibrée sans devoir fournir d'efforts? Si ce n'est pas le cas, vous n'êtes pas assis suffisamment droit.

2. Inspirez et expirez profondément.

Est-ce que votre respiration se bloque au niveau de la poitrine ou pouvez-vous gonfler le ventre en inspirant? Plus votre respiration est ample et sans gêne, et plus votre position est OK.

3. Le matériel (qui tient dans un sac) que j'utilise pour travailler confortablement depuis n'importe où

À présent, je vais partager avec vous le matériel que j'utilise pour m'aider à travailler depuis n'importe où plus ou moins confortablement.

Travailler de chez soi

Je tiens à préciser que c'est du matériel "nomade".
C'est-à-dire que je peux me trimballer avec celui-ci sans devoir louer un camion.

Si vous comptez dédier une pièce de votre domicile pour votre travail, je vous recommande de lire cet article pour avoir un aperçu du matériel adéquat.

Le sac en question, est un sac Osprey Farpoint de 40 litres...

Et quand je travaille depuis chez moi (ou une place de travail de quelques mois)

3a. Les logiciels pour équiper vos outils numériques

Dites-vous bien ceci: la technologie est un superbe levier à condition de la maîtriser. 

Je pense que dans les années à venir, nous verrons un écart (de plus en plus grand) se creuser entre ceux qui se forment à la technologie et ceux qui l'utilisent "le mode par défaut".

Qu'est-ce que j'entends par "le mode par défaut"?

Je veux parler des gens qui utilisent leurs outils numériques configurés comme à la sortie d'usine. Si vous prenez un smartphone, vous verrez que celui-ci n'est pas configuré pour vous aider.

Il vibre, il clignote, il sonne.
En gros, il vous déconcentre.

Et votre ordinateur n'est pas épargné.

Parce que ce n'est pas dans l'intérêt des vendeurs et des programmateurs de vous voir vous concentrer. Heureusement je m'en suis aperçu tôt (en partie grâce au livre de Cal Newport: Deep Work).

Comme vous le savez, vous n'êtes pas câblé pour résister infiniment aux appels des outils numériques. Ceux-ci se basent sur la récompense intermittente variable pour vous maintenir accro.

Cela fait des années que je bosse avec ces outils, et cela fait des années que j'utilise des logiciels qui m'aident à reprendre le contrôle de mon attention. Et vous devriez commencer par là...

Voici ma recommandation de logiciel anti-distraction:

1. Rescue Time

Ce logiciel peut vous aider en bloquant certains sites et en vous indiquant combien de temps vous passez sur tous vos outils numériques. Pratique si vous avez un smartphone Android, un Macbook comme poste de travail et une tablette Asus pour regarder vos séries. J'ai fait complet de ce logiciel ici.

2. Cold Turkey (mon petit dernier que j'adore)

Cold Turkey m'aide à passer du temps éloigné de mon ordinateur. Certes, les blocs m'empêchent de me rendre sur des sites distrayants... mais la vraie fonctionnalité, c'est "frozen turkey".

Par exemple, en semaine, à 18h, ma session se verrouille et je ne peux pas la rouvrir. Idéal pour passer du temps à faire autre chose de sa vie que de regarder un écran.

J'ai fait un test de ce logiciel ici.

Logiciels de travail pour tirer des lasers par les yeux

Concernant les logiciels de travail, ils en existent des milliers et votre choix va être influencé par ceux de l'entreprise pour laquelle vous travaillez (ou par votre client, suivant le job à faire).

Pour créer du contenu (job to be done) j'utilise les logiciels suivants:

  • Workflowy. Un logiciel qui me permet de centraliser la majorité de mon information.
  • Meistertask. Un logiciel qui me permet de gérer des projets collaboratifs.
  • Gmail que je ne présente pas.
  • Google Drive et Scan bot pro pour la gestion de ma paperasse.
  • One password pour la gestion de mes mots de passe.
  • Ensuite j'utilise le logiciel Antidote 10 pour relire mes articles et corriger les fautes les plus importantes (et quand je vois qu'un article se met à bien fonctionner, je le fais relire par Philippe).
  • Pour mes dessins, j'utilise le logiciel Explain Everything.
  • Pour le montage sonore, Audacity.
  • Pour le montage vidéo, iMovie et j'enregistre mon écran avec Quicktime.

Et c'est tout.

La sédentarité, l'ennemi n°1
pour votre bien-être

Rester des heures face à un ordinateur est une activité récente (quelques dizaines d'années). On ne connait pas très bien les effets secondaires.

Mais pas besoin de chercher longtemps pour voir des signes alarmants. À commencer par l'Organisation mondiale de la santé qui dit...

La sédentarité renforce toutes les causes de mortalité, double le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité et augmente les risques de cancer du côlon, d’hypertension artérielle, d’ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d’anxiété. Selon l’OMS, 60 à 85 % de la population mondiale, dans les pays développés comme dans ceux en développement, a un mode de vie sédentaire, ce qui en fait l’un des problèmes de santé publique les plus sérieux de notre époque, même s’il ne retient pas encore suffisamment l’attention. On estime aussi que deux tiers des enfants n’ont pas une activité physique suffisante, ce qui aura des conséquences graves pour leur santé à l’avenir.

Et même si vous faites du sport, cela ne contrecarre pas les effets de la position assise à longueur de journée.

Le professeur Marc Hamilton, du Centre de recherche biomédicale de Pennington, est clair: la cure face à la position assise n'est pas le sport. Faire du sport c'est bien, mais une personne normale ne pourra pas contrecarrer 10 heures de position assise avec 1 heure de sport.

Après 30 minutes en position assise, votre métabolisme ralentit de 90%.
Après 2 heures, le bon cholestérol chute de 20%. 

La bonne nouvelle? 

Bouger 5 minutes (régulièrement) est suffisant pour retrouver les niveaux normaux.

Selon une revue systématique et une méta-analyse portant sur 16 études prospectives et 2 études transversales auprès de 794 577 participants, les personnes très sédentaires avaient un risque 112 % plus élevé de souffrir du diabète que les personnes peu sédentaires, un risque 147 % plus élevé d’événement cardiovasculaire, un risque 90 % plus élevé de mortalité due à une maladie cardiovasculaire et un risque 49 % plus élevé de mortalité, toutes causes confondues. 

D'autres recherches intéressantes sont disponibles ici (en anglais) pour ceux que cela intéresse.

Ce que je fais pour réduire les effets négatifs de la sédentarité

1. Je sors une fois par jour de chez moi.

J'en profite pour appeler ou envoyer des messages audio à mes amis. J'essaie d'en faire un rituel.

Pour beaucoup, le déplacement vers notre lieu de travail est un rituel qui nous conditionne pour se mettre en mode travail. En travaillant chez soi, on n'est plus obligé de sortir à une certaine heure, et certaines activités qui nous faisaient du bien tombent à l'eau.

Je pense évidemment au fait de marcher, mais également de lire dans les transports en commun ou d'écouter un podcast.

Veillez à conserver un rituel. Vous pouvez sortir de chez vous, faire un tour dans le quartier, revenir et vous mettre au travail.

2. Je fais régulièrement des pauses durant lesquels je fais des exercices.

Pour ma part je fais des swings avec ma kettlebell et des tractions. 3 fois par semaine, je fais un entraînement complet, notamment avec des turkish get-ups.

Mais vous pouvez aussi faire des pompes ou des squats chaque fois que vous allez aux toilettes.

Chaque fois que je passe l'encadrement de ma porte, je fais une traction.

3. Je bloque mon ordinateur deux fois 30 minutes par jour au minimum.

J'utilise l'option Frozen Turkey du logiciel Cold Turkey.

4. L'autre approche est d'utiliser la méthode pomodoro

En travaillant 25 minutes, puis en prenant 5 minutes (quand vous travaillez en position assise) et 50 minutes + 10 minutes de pause en travaillant debout.

Travailler chez soi
sans mourir de solitude

Dans l'étude Paris Work Place, près de deux tiers des gens ayant expérimenté le télétravail à 100% disent ressentir de l'isolement.

Sans surprise... Beaucoup de ce que nous faisons est en lien avec les autres. Nous nous comparons aux autres pour évaluer si nous faisons juste ou faux.

Nous discutons avec les autres pour prendre des décisions (lien).
Nous faisons (ou ne faisons pas) certaines choses pour continuer à côtoyer un individu ou un groupe.

Nous sommes des animaux sociaux.

sédentarité

Sur le plan de l'évolution, il n'est pas difficile d'imaginer à quel point un individu avait peur de se retrouver exclu d'un groupe.

Le lieu de travail a longtemps été une possibilité de créer des liens. Mais en travaillant chez soi, cet équilibre est bousculé. Et ce n'est pas les réunions Zoom qui vont y faire quelque chose.

Ce problème touche d'autant plus les personnes qui vivent seules ou les personnes qui travaillent à 100% depuis chez elles (full-remote)...

Car dans l'étude menée par PWP, la plupart des gens ne veulent pas travailler à 100% depuis chez eux (seulement 8% des 1500 salariés sont prêts à ne plus devoir aller au bureau).

Et pour 55% d'entre eux, voir leurs collègues est la raison n°1 d'aller au bureau. Plus de 80% des gens préfèrent échanger en face à face... sans surprise.

Bref, que faire pour éviter le stress de la solitude et l'isolement du lieu de travail?

1. Rejoignez un espace de coworking / votre bureau, plusieurs jours par semaine.

coworking

Les espaces de coworking comblent un besoin essentiel: le lien social. Ce n'est pas pour rien que le nombre d'espaces a triplé depuis 2017... Le marché a explosé : 360 espaces de coworking en France en 2015, 600 en 2017 et 1 700 en 2019.

2. Si vous n'avez pas des horaires flexibles, faites tout pour en avoir.

Scott Adams l'explique très bien dans son livre "How to fail at almost anything and still win big": les horaires flexibles sont l'un des 5 éléments qui a le plus d'influence sur votre bien-être.

3. Joignez l'utile au social

Profiter de votre flexibilité horaire pour rejoindre un club de sport / autre activité avec des amis. Cela augmente votre engagement.

À tester: envisagez la colocation

Entre 2016 et 2018, j'ai habité avec 4 personnes et malgré les consensus à faire, les bénéfices en valaient largement la peine. J'attire votre attention sur le fait que si vous le pouvez, il est intéressant de réunir des gens qui ont les mêmes valeurs et attentes avec la colocation.

Par exemple, dans mon ancienne colocation, nous avions tous notre autonomie et personne n'avait besoin des autres pour gérer sa petite vie. Cela peut vite devenir la misère si une personne veut toujours faire des activités au sein de la colocation.

Travailler de chez soi
avec des enfants: 9 témoignages

Pour parler en connaissance de cause, je me suis demandé si je devais faire des enfants ou questionner ma communauté.

J'ai opté pour la seconde option.

Ci-dessous, vous découvrirez des témoignages de mes lecteurs qui travaillent depuis chez eux avec des enfants. Cela peut vous donner des idées et si vous êtes intéressé à contribuer à ce guide... cliquez ici.

Caroline Mère de 2 enfants et manager

Parle nous un peu de toi Caroline 🙂

Je suis mère de deux ados (15 et 14 ans). Mon métier consiste à manager une équipe de 15 personnes et faire de la gestion de projet pour certains de mes clients.


Certaines personnes de mon équipe étaient en télé-travail régulier (une journée par semaine) et deux personnes en télétravail à 100%. 


Pour ma part, je télétravaillais très occasionnellement avant ces confinements successifs.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

Réussir à tout gérer : le boulot, les cours des enfants, les repas (midi et soir au lieu que du soir ce qui signifie aussi deux fois plus de courses !)

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

Au début, j'ai mis la barre très haut, et je voulais être au RDV sur tous les sujets.

Je me suis vite rendue à l'évidence que cela n'allait pas être possible. J'ai pris un peu de recul et me suis dit que mes enfants étaient grands, qu'ils pouvaient se responsabiliser un peu et que je ne devais pas tout surveiller mais plutôt leur faire confiance. J'ai arrêté de regarder à quelle heure ils avaient des webconf et s'ils avaient des devoirs ; et cela a plutôt bien fonctionné !

J'ai aussi décidé que je n'étais pas la seule à assurer les repas mais que nous étions quatre et que lorsque cela était trop compliqué de faire 2 fois plus à manger, nous pouvions nous autoriser d'aller acheter un truc à l'extérieur.

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

1. Mettre en place des routines (lever, douche, horaires de repas, de travail, sortie après le travail pour déconnecter et passer à autre chose ...)

2. Réussir à s'isoler de temps en temps pour travailler mais aussi pour se détendre (si l'endroit où tu vis te le permet)

3. Arrêter de mettre la barre trop haute et accepter que tout ne soit pas parfait 😉

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

Pas facile à dire car avec 2 ados, si t'es trop cool, ils ne font pas grand-chose 😉 si t'es trop exigeant t'es toujours déçue donc insatisfait. Je crois qu'il faut prendre les choses comme elles viennent et essayer de ne pas se mettre trop de pression (pas toujours facile lorsqu'il faut jongler entre 20 trucs en même temps)

Comment t'organises-tu avec ton conjoint?

Nous sommes actuellement en confinement mais les enfants sont à l'école, c'est beaucoup plus cool. Avec mon conjoint, nous travaillons séparément car nous sommes souvent en webconf, nous nous retrouvons le midi pour déjeuner et le soir après le boulot nous allons marcher ou courir pour nous vider la tête et marquer la fin de la journée.

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

Le confinement a mis en évidence l'investissement ou le non investissement de certains profs, il faut accepter qu'ils en apprennent un peu moins que lorsqu'ils sont à l'école car au final je ne suis pas certaine que cela change beaucoup leur avenir. Il faut s'octroyer des temps avec eux (nous avons ressorti les jeux de société, carte et dés) et savoir aussi s'autoriser des moments pour soi. 

Merci Caroline!

RIchard Cadre commercial et papa de 3 enfants

Salut Richard, peux-tu nous parler un peu de toi?

Je suis Richard - Cadre commercial de 41 ans - habitué du télétravail depuis plus de 15 ans.


J’ai 3 enfants, 1 fille de 18 ans, 1 fils de 14 ans et 1 petit dernier de 20 mois.


J’ai pratiqué le télétravail à temps complet et également en partiel lorsque mes premiers enfants étaient jeunes 6 ans et 2 ans.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

La difficulté réside très clairement dans la capacité à s’isoler pour garder un bon niveau de concentration, mais également réussir à réduire les interférences imprévisibles d’un petit enfant.

Les animaux domestiques peuvent également présenter un inconvénient assez proche de celui des enfants en fonction des animaux.

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

J’ai été partisan d’expliquer aux enfants le comportement qu’ils devaient adopter lorsque j’étais occupé au téléphone pour ne pas provoquer d’interférences lors de mes échanges avec les clients.

J’ai certainement été sévère, car étant un papa divorcé je devais gérer mes impératifs professionnels en même temps qu’il fallait gérer les impératifs familiaux. Bien sûr j’ai aussi essayé plein de choses comme de les coller devant un DVD pour gérer le temps de mes impératifs en toute tranquillité la réunion... évidemment je ne recommande pas, mais à l’époque je n’ai pas su faire autrement.

Ou alors je leur demandais de jouer dans leur chambre et je m’assurais que mes sessions de travail me permettaient de revenir avec les enfants pour leur redonner de nouvelles consignes pour qu’ils arrivent à s’occuper la période de travail suivante.

Ce qui ne peut pas marcher c’est clairement de les ignorer, car ça c’est évidemment pire que tout, car un enfant a une capacité à interpeller ses parents à en faire perdre patience les plus patients d’entre nous

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

Les conseils pour moi dépendent fortement de la situation de chacun et je ne suis pas sûr qu’une seule règle puisse être écrite pour répondre à tous les cas de figure, mais voici quelques idées :

1. Organiser ses réunions sur les temps calmes/sieste des enfants en bas âge pour assurer la plus grande efficacité de productivité dans les interactions avec l’extérieur.

2. Si vous avez les moyens financiers, faire appelle à une baby-sitter est une solution radicalement bénéfique pour conserver une capacité à travailler. Moins d’énervement et de conflit avec les enfants et on peut plus facilement assurer nos deux rôles de manières bien distinctes sans que l’un empiète sur l’autre.

3. Élaborer les règles de télétravail avec les autres membres de la famille et s’assurer que tout le monde comprenne ce qui peut être fait ou non pendant les heures de télétravail.

4. Taper à la porte avant d’entrer ou s’assurer que je ne suis pas en réunion ou en conversation téléphonique avant d’intervenir, etc.

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

Je dirais la première chose c’est de ne pas changer ses habitudes de lever et de se préparer pour aller au travail comme si on devait y aller physiquement, on s’habille on se rase et on se prépare pour une journée de travail.

En fonction de l’âge des enfants, l’état d’esprit n’est pas le même.

Avec mes grands depuis qu’ils ont 10 ans et plus c’est très facile, car ils sont autonomes et comprennent la nécessité de vérifier si l’interaction est possible ou si je suis occupé.

Comment t'organises-tu avec ta conjointe?

Lors du confinement notre enfant n’avait pas encore 1 an et ma femme et moi étions chargés de travailler et nous avions donc décalé les journées de travail. Moi de 6 à 13h en continu et ma femme de 13 à 19h pour assurer la capacité à gérer un bébé et à assurer son activité professionnelle à distance.

Nous ne travaillons pas dans la même pièce non plus, car moi je passe beaucoup de temps au téléphone de par mon métier alors qu’elle est plus en mode production (marketing/COM)

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

1. Il serait intéressant selon moi d’établir des conseils de télétravail avec enfant en fonction des tranches d’âges, car tu ne peux pas demander la même chose à un enfant de 2 ans ou de 5 ans ou de 10 ans.

2. Prévoir des activités en amont qui permette le développement d’une activité en autonomie, car les enfants jeunes ont un temps de concentration assez réduit et se lassent vite d’une activité.

3. Avec des ados, je leur demande de gérer la logistique, de mettre la table et même de préparer le repas ce qui me fait gagner un temps considérable ! Et du coup récupérer un peu de temps le soir, car j’ai été plus productif et passer du temps en famille un peu plus tôt le soir.

Top Richard, je vais prendre en compte ton conseil sur le classement des conseils par tranches d'âges!

Sébastien Chef d'orchestre, compositeur et papa d'un enfant

Sébastien, qui es-tu? 🙂

Je suis Sébastien, et je suis musicien, chef d'orchestre, compositeur. Mon enfant a bientôt 3 ans, et depuis sa naissance, je reste à la maison pour le garder. Après mes années de Musicologie (Université de Strasbourg), je n'avais pas vraiment de situation stable quand on a décidé de faire un enfant ; au contraire, je venais de quitter ma reprise d'études pour devenir maître d'école. J'ai pu me permettre ce choix notamment parce que ma femme travaille et gagne sa vie.


J'ai donc construit petit à petit mon réseau depuis 3 ans (+ 9 mois), à une vitesse relativement réduite du fait de m'occuper de la maison. Je suis donc actuellement chef de 2 chorales, chef d'1 orchestre, je chante dans 2 chœurs (l'un des deux ne se réunit que rarement), et je joue de la basse dans un groupe de jazz.


Je ne suis certes pas un modèle de rentabilité (chef dans des chorales très très amateurs ça paye vraiment mal), mais je crois quand même avoir quelque chose à apporter en ce qui concerne l'exécution du travail avec un enfant à garder.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

La plus grande difficulté est d'avoir un temps de travail ininterrompu. Que ce soit l'enfant qui se mette en danger, qui a besoin d'attention, ou juste l'inquiétude parentale qui me pousse à checker si tout va bien (c'est plus puissant que la tentation d'aller voir Facebook ou mes mails, c'est dire !).

Je mets aussi ici la difficulté de ne pas se mettre en situation d'épuisement.

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

J'ai sans cesse revu mon organisation.J'ai pensé mesurer le temps que je passais sur le travail, mais lancer un chronomètre, c'est vraiment rebutant quand on peut être interrompu à tout instant (parce qu'il faut aussi arrêter le chronomètre pour que ça serve à quelque chose).

J'ai voulu me créer des plages de travail précises ; mais les bébés ne correspondent jamais à ce qu'on voudrait d'eux (et c'est con d'attendre ça d'eux).

J'ai voulu dédier chaque jour à un seul domaine ; mais les mairies ne sont pas toutes ouvertes le même jour, répéter ses morceaux un petit peu chaque jour est beaucoup plus efficace qu'une seule fois dans la semaine

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

1) Donner la priorité à l'enfant: surtout quand ils sont tout petits, quand ils se mettent à pleurer, il faut régler le souci, on ne peut pas attendre qu'ils se calment tout seul.

Le débat "laisser pleurer/ne pas laisser pleurer" est hors de propos ; il s'agit, égoïstement peut-être, de pouvoir se remettre sur ses projets et d'éviter de finir en hurlant sur un gamin de même pas 6 mois (si, si, ça m'est arrivé...et j'en suis pas fier).

Quand l'enfant grandit, il devient plus autonome, et la sécurité veut qu'on y fasse toujours attention (il est désormais capable de grimper partout), mais il y a également certains pleurs qui sont uniquement dus à des sortes de caprices, et ils sont moins durs à supporter que des pleurs de nourrisson.

Il faut également choisir des activités qui peuvent être compatibles avec le fait de supporter un enfant qui saute dans tous les sens. On peut mettre des bouchons d'oreille pour le laisser faire du bruit.

2) Savoir exactement ce qu'on doit faire puis s'y mettre dès qu'on a un instant de libre : il faut avoir passé du temps à expliciter les tâches à accomplir pour pouvoir réagir tout de suite quand l'enfant s'endort ou joue calmement. Lui donner un horaire de sieste fixe a été un apport majeur ; auparavant j'attendais qu'il soit fatigué, et je passais beaucoup de temps avec lui sur les genoux, et il ne s'endormait jamais au même moment. Avec une sieste fixe, j'ai toujours quasiment deux heures de travail vraiment efficace.

3) Ne prendre aucun engagement qui risquerait de nous rendre intolérants au bébé ; à chaque fois que je me suis trouvé complètement en stress par rapport au bébé, c'est que j'avais une pression venant de l'extérieur, un engagement, que je ne pouvais pas tenir aussi bien que je l'aurais voulu ; il faut être prêt à descendre nos standards et de proposer quelque chose de juste correct.

Si votre entourage professionnel est compréhensif, ils comprendront que vous ayez eu du mal à faire les choses vraiment au top, ou de les rendre à temps, et que votre enfant, pour vous, est prioritaire à leurs projets.

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

Prendre beaucoup de recul. Les pleurs de l'enfant ne sont pas si graves, les gens n'attendent pas de miracles de vous (et n'ont pas à en attendre) ; si vous agissez avec bonne volonté, vous n'avez pas à taire vos difficultés, et il est plus probable de trouver des solutions si vous parlez de vos problèmes plutôt que de les garder en vous et vous mettre à devenir désagréable.

Prendre les choses avec humour ; l'enfant ne correspond pas à vos attentes, et c'est très bien ainsi. L'enfant fait une crise de nerfs parce que vous refusez de lui faire des lentilles-saucisse à 9h00 du matin, c'est drôle. Prendre du repos et du bon temps ; consacrer un temps pour une balade après le repas, ou le soir. Quand la tension monte, il vaut mieux s'arrêter. 

J'aime bien imaginer les mitraillettes qui surchauffent dans certains jeux ; si on va au bout de la surchauffe, impossible de tirer pendant un long moment, si on laisse du temps pour refroidir avant que ça ne surchauffe, on peut tirer plus tôt. Remettre tout en question ; "mais on a toujours fait comme ça" c'est de la connerie, parce que oui, "on a toujours fait comme ça" et tout le monde se plaint, déprime, stresse, grandit avec des névroses bizarres. 

Faites ce qui vous semble juste, sain, autant pour vous que pour l'enfant. Ça demande probablement des compromis ; "je me lancerai dans ce projet plus tard", ou "on n’aura pas joué ensemble aujourd'hui, on le fera demain". Je pense qu'il peut être tout à fait profitable de s'intéresser à la philosophie et à la spiritualité pour prendre des décisions sages.

Comment t'organises-tu avec ton conjoint?

Comme je rapporte le plus petit salaire (et il est vraiment petit), son travail reste prioritaire quand elle travaille à la maison, donc je m'occupe de l'enfant "par défaut".

Parfois je peux dire que j'ai des choses vraiment importantes à faire, et que j'aimerais les faire sans être interrompu, pour une fois, et ça passe ou ça ne passe pas. Comme avec l'enfant, le conjoint est une relation à gérer, et il faut savoir distinguer où se situe la limite entre moi, l'autre, l'ensemble.

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

J'aimerais parler de mon organisation actuelle, qui fonctionne depuis près d'un an sans avoir subi de modifications majeures (et qui aurait été encore plus efficace quand mon enfant était tout petit plutôt que maintenant):

Je planifie à la semaine en écrivant sur papier pour éviter de m'appuyer uniquement sur l'ordinateur ; grosso modo, j'ai deux types d'actions :

1) Les routines : l'outil pour pratiquer les compétences que je veux développer, apprendre les partitions, faire un peu de sport, composer librement hors de tout projet.

2) Les tâches : reliées aux projets, divisés en deux catégories ; projets personnels (ceux qui viennent de moi), et les Projets externes (quand je travaille "pour" quelqu'un d'autre).

2 bis) Les tâches ménagères : faire un bain à l'enfant, faire le ménage (crucial pour se sentir bien chez soi), faire tourner le lave-linge, commander les courses (le drive est un gain de temps fabuleux).

J'aime bien cuisiner donc c'est presque de la détente, mais je suppose que ça pourrait aussi se gérer dans cette section.

Le tout est appuyé par Workflowy, ce logiciel merveilleux ! Ainsi j'ai une vue globale de ce qui doit être fait, je prévois beaucoup de temps libre, pour gérer les imprévus. 

Ce qui a été crucial, c'est aussi de remettre en place, dans ma psychologie, les questions de "légitimité" à dire non, à avoir des besoins, à mettre du délai. Cela enlève la tension, la pression sociale (qui est souvent imaginaire), et ça permet aussi d'être plus efficace quand on se met à travailler.

Il ne faut pas négliger son propre bien-être, car c'est là-dessus que tout vient se construire, et quand c'est votre enfant qui se construit dessus, ça me semble assez important pour en prendre soin.

Parfois je me coupe dans ce que je fais simplement pour avoir une interaction avec mon fils, et je ne pense pas que ça me rende fondamentalement inefficace, au contraire ! On ne sait pas ce qui peut se passer demain, dans une heure, donc autant profiter de la vie et des êtres qu'on aime tant qu'ils sont là, tant qu'on est là.

Wow! Merci beaucoup Sébastien pour ce riche retour!

Philippe Conseiller aux indépendants et papa de 3 enfants

Salut Philippe, un mot sur ta situation?

Je m'appelle Philippe, j'ai 41 ans.


Mon job consiste à conseiller les indépendants sur leur protection sociale. Je travaille depuis chez moi pour l'administratif et des rendez-vous clients (visio + tél). Je pars également faire des rendez-vous physiques. Je fais ce métier depuis 16 ans.


Je travaille dans un grand groupe, mais je vais rarement au bureau (2-3 fois /mois), car il est à 1h de chez moi. Nous avons 3 enfants de 10 ans, 6 ans et 4 ans à qui nous (surtout ma femme !) faisons l'école à la maison !

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

Je dirais que c'est le bruit. J'ai un bureau fermé, mais mal isolé phoniquement, car j'ai mis une grande verrière. De plus il arrive qu'ils débarquent dans le bureau (souvent au moment où tu es juste au téléphone ou en visio !)

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

Quand on aime ses enfants on a envie de passer du temps avec eux, donc parfois faut se motiver pour aller travailler alors qu'ils sont juste à côté (et qu'il fait beau dehors !!).

Mais avec une bonne organisation, on peut faire les 2 !

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

1/ une bonne communication entre les membres de la famille

2/ des séances de deep work (casque antibruit et musique focus)

3/ faire de courtes pauses pour aller voir les enfants (montrer que tu es présent, que tu te soucies d'eux)

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

Il faut être flexible, patient, garder son calme, montrer que ce que font les enfants c'est important et leur faire comprendre que ce n’est pas parce que tu es à la maison que tu es en vacances !

En leur accordant du temps (pas forcément beaucoup, mais souvent, ils vont comprendre que toi aussi tu as besoin de temps pour ton travail).

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

L'idéal est d'avoir une pièce dédiée et du matériel adapté pour le travail à la maison comme un (ou 2) grands écrans, clavier, casque pour tél...

Bien communiquer avec la famille pour qu'ils sachent quand tu ne dois absolument pas être dérangé (une affiche NE PAS DÉRANGER sur la porte peut également leur rappeler).

J'essaie également de décaler mes horaires de travail et commencer tôt le matin lorsque tout le monde dort encore, ça permet d'être au calme et se libérer des moments pour les enfants en journée.

Super Philippe! Merci.

Sarah CONSULTANTE, maman d'un enfant

Hello Sarah, à quoi ressemble ton quotidien?

Je suis consultante en conduite du changement et j'accompagne les équipes dans la transformation de leur quotidien professionnel. J'en suis à ma 3e vie professionnelle !


Auparavant, je faisais de la production dans le spectacle vivant (donc souvent en tournée avec l'ordinateur sur les genoux !) et après j'ai structuré une association qui gère une bibliothèque pour enfants au cœur d'une cité.


Le travail pro à la maison j'ai toujours plus ou moins pratiqué (surtout quand j'ai repris mes études pour changer de vie pro !), mais le premier confinement a apporté quelque chose de nouveau : gérer la maison + un mari + un enfant de 7 ans !


En réalité, pendant ce premier confinement, je ne considère pas avoir fait du télétravail, mais du travail pro à la maison. C'est différent. Le télétravail, c'est quand je travaille pro à la maison ET que tout le monde a sa propre vie extérieure : mon fils à l'école, mon mari à son boulot.


J'ai de la chance : j'ai mon propre bureau dans la maison où je peux m'isoler. Mon mari peut lui aussi, s'il le souhaite, travailler à la maison sans que l'on se dérange (coup de fil, visio).


Le problème du télétravail, c'est qu'on n'a pas vraiment de coupure : le midi je mange souvent devant mon ordi et je le lâche le soir vers 19h30 quand mon mari rentre.


Comme toutes les femmes qui bossent, je me suis organisée pour la gestion de la maison : vive le batchcooking + une femme de ménage, j'ai la chance de pouvoir faire ça.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

La première difficulté en télétravail avec un enfant est la même que lorsqu'on bosse sur site : la culpabilité de ne pas être présente.

Mais mon motto est le suivant : consacrer 30 minutes de qualité avec mon fils (sans coup de fil, sans coup d'oeil sur la téléphone) puis lui expliquer que maintenant j'ai besoin de m'isoler pour travailler.

Alors oui, parfois il y a des journées où c'est plus compliqué : mais respecter le moment où je suis avec lui est toujours plus payant que de faire un jeu de société tout en répondant à ses mails !

Par ailleurs, j'ai maintenu la nounou à la sortie de l'école. Ainsi ma journée de boulot n'est pas coupée à 16h30/17h.

Une autre grande difficulté vient du fait qu'un enfant de 7 ans ne comprend pas que quand on est derrière en ordi, ce n'est pas pour jouer, mais pour travailler...

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

30 minutes "vraies" pas de devoirs, de corvée, juste lui et moi à faire ce qu'il a envie.

Ce qui n'a pas marché : une appli ludoéducative à faire soi-disant en autonomie. Par contre j'ai mis un filtre parental drastique sur la tablette !

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

  1. Une pièce isolée.
  2. Une nounou pour aller le chercher à l'école
  3. Une femme de ménage pour ranger la maisonsinon on se laisse déborder par le quotidien et la journée de travail se rétrécie et on l'a rattrapé la nuit (qui est faite pour dormir !)

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

Avoir un planning, le dire et l'expliquer puis le respecter : par exemple, je travaille de 15h à 17h, de 17h à 18h une collation / jeu avec toi, puis je retravaille de 18h à 19h.

Bien sûr, de 17h à 18h mon planning collaboratif affiche non-disponible. puis garder des moments d'adulte à soi : yoga, instrument, pôt avec des copines, etc.

Comment t'organises-tu avec ton conjoint?

Si notre fils n'est pas à l'école, on se répartit le temps à passer avec lui.

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

Le télétravail est une modalité de travail, donc instaurer des routines, faire part des règles mises en place avec les personnes qui vivent avec vous et surtout garder l'organisation que vous aviez lorsque vous travailliez sur site.

Faire son bureau à la maison n'est pas synonyme de "je suis dispo pour les tâches de la communauté !" En réalité, il n'y a rien organisationnelles parlant qui doit changer, sinon, vous allez vous faire bouffer !

Merci Sarah pour ton partage! 🙂

Emmanuelle sophrologue et maman de deux enfants

Emmanuelle, à quoi ressemble ton quotidien?

Je m’appelle Emmanuelle, je suis sophrologue dans le sud de la France depuis 4 ans.


J’exerce mon activité principalement en cabinet et au domicile des clients, et je traite toute la partie administrative depuis mon domicile. C’est un métier de contact, de présence.


La situation sanitaire m’a contrainte à envisager mon travail autrement. Et le premier confinement avec les enfants au domicile (2 filles, 11 et 7 ans), et mon mari en télétravail, à organiser tout mon travail, y compris les séances, depuis mon domicile, notamment par la visio.


Mon mari avait plus besoin du bureau que moi donc il a récupéré cet espace. Sur le moment cela ne me paraissait pas gênant parce que mon travail n’est pas « derrière un bureau ».


Et puis il m’a fallu un certain temps pour comprendre qu’il allait utiliser « mon » espace pendant quelques mois, voire année(s). N’ayant pas choisi le télétravail, cela m’a demandé un certain temps avant d’envisager toutes les modifications nécessaires à la poursuite de mon activité.


Tout n’est pas encore opérationnel d’ailleurs à ce niveau-là. J’ai donc fini par accepter de travailler en visio. Effectivement c’est possible (ce que j’avais du mal à admettre).


Évidemment je préfère le présentiel, mais c’est efficace. Au-delà des détails techniques à régler, les séances se vivent dans le confort et la sécurité du domicile de mes clients, qui doivent uniquement s’isoler de leur propre source de perturbation.


C’est d’ailleurs ce qui leur demande le plus de créativité parfois. D’ailleurs les clients ayant vécu leur séance en présentiel sont plutôt défavorables à la visio. Il me faut donc créer une nouvelle clientèle, qui accepte ce fonctionnement. Me faire connaitre d’une autre façon, pour que les personnes à l’aise avec le « virtuel » d’une façon générale sachent qu’ils peuvent accéder à ce type de prestations.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

Une séance de sophrologie se vit dans le calme, sans interruption. Évidemment, les interventions inopinées sont les éléments de la vie, mais ça ne peut pas être mes enfants ! Donc pour le moi le plus difficile à gérer a été la sollicitation et le bruit.

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

D’abord j’ai cru qu’une fois le temps « école » pleinement réalisé, les leçons apprises, les exercices faits et envoyés, j’allais pouvoir me consacrer à mon activité, au moins à temps partiel. Mais pas du tout !

Parce que sans limites de temps, mes enfants prennent tout leur temps ! Je passais donc toute mon énergie à faire l’école à mes enfants, puis j’enchainais avec l’entretien de la maison, et finissais la journée sans avoir pu seulement ouvrir mon ordinateur !

L’activité la plus importante à protéger étant celle de mon mari, spontanément l’organisation durant le confinement s’est posée de cette façon : il travaille, je gère la maison et les enfants (et mon travail). J’ai donc essayé de planifier. Simplement prendre l’agenda et définir chaque heure. Sauf que c’était oublier le caractère humain. 

Dans mon fonctionnement, trop de technicité prive de joie. Même les loisirs devenaient une tâche à accomplir, mon agenda me rendait triste. Et si je ne suis pas convaincue moi-même de la méthode, comment la faire suivre à d’autres qui ne l’apprécient pas non plus ? Donc juste l’agenda avec des plages horaires toutes définies n’a pas fonctionné.

Pour les premières séances de sophrologie en visio j’ai cédé pour tout ce qui nécessite une autorisation habituellement : TV, Console, bonbon ou autre, tout devenait accessible en mode « open-bar », du moment que je ne les entendais/voyais pas.

Séance de 1h30 en moyenne, je reprenais la main entre 2 séances, et croisais les doigts pour que mon mari sorte de son antre/bureau dans ce laps de temps.

Finalement, elles ont progressé dans leur autonomie, et n’ont pas mis le feu à la maison, ce qui était déjà un bon point. Maintenant nous sommes dans une confiance réciproque, elles ne me dérangent pas et ne font pas n’importe quoi. Elles savent que mon travail est important pour moi, mais que si ça dérape, je préfère sacrifier mon activité que de les laisser en roue libre. Et que mon travail est important, notamment pour mon équilibre émotionnel. C’est quand même plus sympa quand Maman ne s’effondre pas d’épuisement mental !

Elles respectent donc ces temps qui me sont dédiés, que ce soit pour le travail ou pour mon bien être personnel. A moi d’apprendre à accepter qu’elles choisissent plus facilement les écrans que les jeux ou le jardin, ou de trouver un moyen de modifier cela.

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

  1. Avoir, autant que faire se peut, un lieu dédié. Si une pièce n’est pas disponible, un coin dans le salon, peut être avec un tapis au sol qui délimite l’espace, un endroit que tous les membres de la famille respectent comme spécifique à l’activité professionnelle d’une personne. Et si les 2 sont en télétravail, idéalement avoir un lieu chacun, même dans une pièce commune, mais chacun son espace.
  2. Un temps pour chaque chose : un temps enfant/ Un temps travail/Un temps perso. Et si possible se débarrasser des enfants sur le temps qui ne leur est pas dédié. (jouer dans le jardin, ou chez les grands-parents, copains, activités extrascolaires, télé, conjoint qui gère…).
  3. La fin du temps plein : si je veux garder ma santé mentale, mon temps avec les enfants à la maison ne peut pas être à temps plein. À deux en télétravail, la question des enfants doit se gérer à deux. Même si une activité est plus « importante » que l’autre. Sinon l’autre risque de disparaitre complètement. 

Comment t'organises-tu avec ton conjoint?

Nous avons travaillé 10 ans ensemble, donc finalement cela ne change pas grand-chose pour nous. Nous sommes chacun dans notre espace, nous retrouvons le midi.

Je ne veux pas cuisiner quand nous ne sommes que tous les deux, nous mangeons des restes ou des plats surgelés. Moi qui étais seule en "télétravail" auparavant, j'apprécie qu'il soit à la maison maintenant. Comme expliqué précédemment, il a investi le bureau.

J’ai fini par m’installer dans la chambre d’amis (puisque plus personne ne vient dormir de toute façon !).

J’ai mis du temps à investir le lieu, je crois que je n’acceptais pas vraiment d’avoir laissé mon bureau. Et sans lieu je n’avance pas. Passés les détails techniques (trouver une table, s’initier à la visio), cela fonctionne assez bien. Cela dit cette configuration n’est pas optimale à long terme, et nous envisageons d’autres solutions pour mon installation au quotidien.

J’ai repris mes séances en présentiel, et les enfants retournent à l’école. Ma plus grande, au collège, fini vraiment tôt tous les jours (15h30), je privilégie donc le travail nécessitant beaucoup de concentration ou les visios le matin, et suis plus souple sur l’après-midi (la deuxième fille rentre pour 16h30). Je peux prendre des rendez-vous en extérieur lorsqu’elles sont là, la présence de leur père, même dans son bureau, nous sécurise pour les cas d’urgence.

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

Le sujet touche plusieurs sphères à la fois : organisation du travail, équilibre vie privée/vie pro, la place des enfants dans le foyer, la famille, la raison de la création de cette cellule familiale... Il me semble difficile à traiter seul sans les évoquer. Parce qu'il traite de la place (symbolique ou réelle) que l'on donne à ces "temps" de vie, dans un seul "espace". En tous les cas, répondre à ces questions est venu questionner toutes ces notions chez moi !

Merci Emmanuelle!

Laure Chef de projet et maman de deux enfants

Bonjour Laure, cela me fait plaisir de t'accueillir ici... peux-tu nous dire 2 mots sur ton quotidien?

Je suis Laure, j'ai 38 ans et 2 filles de 10 et 7 ans que j'élève seule 9 jours sur 14 car je suis divorcée. Je suis chef de projet d'une équipe de 8 personnes, dont 7 en Espagne à Malaga.


Mon sujet (pour l'instant) : maintenance applicative chez Airbus avec 3 clients en Allemagne. Je suis en télétravail depuis le 1er confinement en France soit mars 2020 et j'ai eu mes enfants à la maison de mars 2020 à juin 2020.


Aujourd'hui, elles vont au collège et à l'école. L'expérience télétravail + école à la maison a été épique. Il a fallu trouver notre rythme et faire des compromis. Le fait d'être encore à la maison nécessite toujours une organisation aujourd'hui, mais différente. Je t'en parle après 🙂

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

Selon moi la plus grande difficulté est de concilier la totalité des tâches à faire sans laisser personne de côté : ni les enfants, ni la maison, ni le chéri quand il est là, ni le chat, et surtout ni moi.

Qu'as-tu essayé pour réussir à avancer sur tes projets tout en considérant tes enfants?

J'ai d'abord essayé de donner un peu de flexibilité dans le travail à faire à la maison par les enfants pour pouvoir travailler sur des horaires "normaux" en tant que "bonne salariée".

Grave erreur : pas de cadre = guerre à chaque fois qu'il faut s'y coller, impossible d'être serein, ni les enfants, ni moi.

Aujourd'hui je vais chercher les enfants tôt (16h30) et je retravaille après le goûter. Elles font leurs devoirs pendant que je finis ma journée de boulot ou attendent si elles ont besoin d'aide. Elles savent qu'il y a des horaires où maman travaille et qu'après elle sera dispo à 100% pour elles.

Si tu devais donner tes 3 meilleurs conseils pour les parents qui te lisent:

  1. Dédier une pièce au travail pour les enfants = leur "école" pour séparer la vie à la maison de la vie scolaire et faire de même pour les adultes avec un bureau dédié. Moi j'avais choisi la cuisine pour les filles où j'ai une grande table, ça me permettait de les faire travailler en même temps et d'avoir aussi mon ordi de boulot pour vérifier que les choses se passaient normalement : maintenance = présence ! Quant à moi, j'avais mon bureau.
  2. Horaires fixes et non négociables : comme horaires école j'avais choisi 10h-11h30 puis 14h30-16h. Les filles savaient que c'était les horaires d'école donc fini les "oh non pas maintenant". Bon elles essayaient de négocier de temps en temps, mais beaucoup moins. De mon côté, elles savaient que de 8h30 à 10h et de 16h30 à 18h30 au moins, j'étais "au travail" et donc pas disponible.
  3. Accepter que ce ne soit pas parfait : hé oui, on est des parents qui travaillent. Et on fait au mieux avec les enfants. "Mamannnnnnnnnnnnnnnnn" - "heu chérie, je suis en réunion là !" ça nous arrive tous un jour ou l'autre. Ça apprend la tolérance. 🙂

Quel est le bon état d'esprit à adopter quand on travaille chez soi avec des enfants?

être zen !!! lol Et organisée (ça te parle ? :p). Je crois que "flexible" est le mot que j'essaie d'avoir en tête en permanence encore aujourd'hui.

Comment t'organises-tu avec ton conjoint?

Aujourd'hui après un déménagement, j'ai un conjoint, mais il n'est pas le père des enfants... donc je gère seule.

As-tu d'autres points à soulever que tu juges pertinents ?

Je crois que créer des espaces de travail qu'ils soient "physiques" et "temporels" est la clé. La seule façon de vivre "normalement" est de cloisonner les parties de sa vie même si on est 100% à la maison.

Les enfants apprennent aussi l'autonomie et le respect de l'autre. Ainsi que l'entraide (ma grande en 6e aujourd'hui aide ma petite en CE1 en maths par exemple). Je trouve qu'en fait, tout ceci est une belle expérience de la vie. Il faut juste regarder au bon endroit 🙂

Super sympa tes conseils! Merci beaucoup Laure!

Céline Ingénieure et maman de deux enfants

Salut Céline, merci de prendre du temps pour nous. Peux-tu te présenter?

Je suis Céline, Ingénieure VRD (Voirie et Réseaux Divers) et responsable d'agence en bureau d'études bâtiment (agence de 8 pers dans un groupe d'environ 400 personnes).


J'ai deux garçons de 6 et 8ans.J'ai toujours pratiqué le travail à la maison notamment le weekend pour "rattraper" ou me poser sur des urgences non résolues de la semaine mais sans véritable organisation.Le confinement en mars 2020 a fait basculer les choses.


J'ai télétravaillé à 100% avec les enfants à la maison 24h/24 jusqu'à leur retour à l'école (rentrée de septembre 2020 je ne voulais pas me désorganiser en les mettant à l'école en juin juste pour un mois...) ) et j'ai continué à télétravailler depuis à 75%.

Quelle est la plus grande difficulté avec le télétravail?

Les difficultés vont être totalement différentes en fonction de l'âge des enfants.

D'une manière générale pour tous les âges, il ne sert à rien de lutter contre la nature d'enfants en plein développement : ça revient à lutter contre un tsunami, ça épuise et rend malheureux : "si un enfant pleure il faut gérer les pleurs pas faire une visio conférence avec son patron...." donc on essaye de prendre le temps de connaitre nos enfants, leur rythme et on adapte notre emploi du temps en fonction...

Je reviens à mon cas avec des enfants de 6 et 8 ans. Globalement, je peux leur parler (je connais leurs heures démoniaques et leurs heures intelligentes), je peux leur dire je m'enferme une heure pour une visio (programmée à la bonne heure (pas la démoniaque)) et leur dire "laissez-moi tranquille". Ils sont plus que coopératifs ! donc pas de difficultés de ce coté là...

La grosse difficulté (comme souvent) ne vient pas des enfants mais de soi même et de son organisation...être à la maison ne signifie pas : lancer la machine à laver, faire une galette des rois pour le gouter, s'occuper des devoirs...on n'oublie pas qu'on travaille !!!!

Donc on fait comme au bureau... on n'est pas là !!! et on s'organise pour la garde des enfants...Si on culpabilise, les enfants le ressentent et jouent avec : ce n'est pas parce que nous sommes présents dans l'espace maison que nous sommes homme ou femme au foyer..., ce n'est pas parce que nous sommes dans l'espace maison et que notre seule référence jusque là c'étaient les weekends et les vacances que nous sommes en weekend ou en vacances...je crois que la plus grosse difficulté est celle-là